Le web 2.0 est dangereux…

Le web 2.0 est dangereux… pour ceux qui ne l’utilisent pas ! C’est ce que nous explique Charlotte dans la présentation ci-dessous :

Source : http://www.slideshare.net/TheShed/meet-charlotte/1

Mise à jour du 20 novembre 2007

Quelques lecteurs m’ont écrit pour me dire qu’ils étaient d’accord avec moi : “Vous avez raison, le Web 2.0 est dangereux”. Voilà ce qui arrive quand on veut faire de l’humour sur un sujet sensible… Je mets donc en gras la fin de ma première phrase : Le web 2.0 est dangereux… pour ceux qui ne l’utilisent pas ! Désolé pour ceux qui lisent trop vite, je ne pense pas que le web 2.0 est dangereux.

Pas de rayon technophobe 2.0 sur ce blog 😉

We Are Smarter Than Me

J’annonçais dans un précédent billet la création d’un centre de recherche sur l’intelligence collective au MIT en octobre 2006. Dans le cadre de ce lancement, il était question d’un projet de livre : “We Are Smarter Than Me”.

Sur le site du livre : http://www.wearesmarter.org/, les porteurs du projet ont mis à disposition différents outils de travail collaboratif (forums de discussion, blogs, wikis, …) pour permettre à une communauté de rédacteurs de participer à l’écriture du livre. Ce livre est maintenant sur le point d’être publié par 2 co-auteurs : Barry Libert, CEO de Shared Insights et Jon Spector, ancien vice doyen de Wharton, l’université de Pennsylvanie, et actuel CEO de “Conference Board”. L’éditeur du livre est Wharton School Publishing. Vous pouvez le commander sur Amazon (il sera disponible le 24 septembre 2007).

D’après les auteurs, ce livre permet de découvrir comment utiliser les réseaux sociaux et les communautés dans votre entreprise pour mieux piloter vos processus de décision et obtenir une plus grande performance dans vos activités. We Are Smarter Than Me a été réalisé en collaboration avec l’université de Wharton, le MIT et des milliers de contributeurs au niveau international.

Ce livre propose des concepts et des études de cas dans le domaine du développement des produits, de la production, du marketing, du service client, de la finance et du management ainsi que des règles pour construire efficacement une communauté.

Dans une interview donné par les 2 co-auteurs (que j’appelerai des managers de l’intelligence collective !), j’ai retenu quelques points intéressants :

1. Le bilan quantitatif de ce projet d’écriture collective et collaborative

* 4375 membres inscrits ont publié 737 contributions sur les forums de discussion
* 250 contributeurs ont publié 1600 contributions sur le wiki du livre
* En plus de la communauté des contributeurs, le projet a été influencé par des centaines de blogueurs, podcasters, et par les participants de la conférence inaugurale “Community 2.0” à Las Vegas.

2. L’impact des différents outils mis à disposition

Les auteurs s’attendaient à ce que le plus gros des contributions viennent du “wiki book”, mais en fait, ce sont les forums de discussion, podcasts, billets de blogs et commentaires oraux (face à face) qui ont été les sources principales du contenu du livre.

3. Le mode de publication du livre

Sauf erreur de ma part, le livre est publié en version papier pour un montant de 23 $ USD. Les droits d’auteur iront à des oeuvres caritatives. Sur ce point, je suis très déçu ! Je pense que ce livre aurait pu être mis à disposition gratuitement en version électronique (pdf) du fait de son mode d’écriture et de la contribution massive du collectif. Cela dit, je suis mal placé pour critiquer puisque mon livre a été écrit puis publié sur le même principe. A ma décharge, j’avais tenté d’obtenir ce mode de publication (papier payant, pdf gratuit) sans succès. Tous les éditeurs contactés ont refusé par peur que le pdf gratuit ne porte atteinte aux ventes papier. C’est à mon avis absurde, mais c’est un autre débat. Le seul auteur, qui à ma connaissance a réussi à convaincre un éditeur, est Pascal Baudry pour son livre “Français et Américains, l’autre rive” publié par Village Mondial.

4. Les difficultés rencontrées

L’utilisation d’un wiki a posé beaucoup de problèmes en particulier sur la façon de construire, alimenter et éditer le contenu. Je ne suis pas étonné car un wiki est avant tout un outil d’écriture collective et non un outil d’écriture collaborative. Ce n’est pas parce qu’un outil rassemble un collectif autour d’un contenu qu’il va mécaniquement créer et organiser les coopérations intellectuelles.

Ce point explique pourquoi le plus gros du contenu du livre a finalement émergé des forums de discussion et de la blogosphère. Les forums de discussion sont par essence plus efficaces pour créer de l’intelligence collective que les wikis. Cependant, un outil, quel qu’il soit, n’est pas performant s’il n’y a pas des personnes qui animent la communauté des participants. Le succès de wikipédia est plus lié à la communauté des contributeurs et animateurs qu’à l’outil lui-même. Une approche trop technicienne dans ce type de projet conduit souvent (toujours ?) à l’échec.

Lire l’interview complète

Un 2ème livre est en préparation sur les mêmes principes, voir l’annonce ici

De son côté, Business Objects vient à son tour de démarrer un projet de livre sur le même principe. Le titre du livre est “La performance intelligente“. Une page est dédié à ce livre sur le blog de l’entreprise : http://insight.businessobjects.com/Our_Book

Leur objectif est l’écriture collaborative d’un livre sur le thème de l’intelligence. Les auteurs ont déjà créé une structure provisoire pour faciliter les contributions et il y a un chapitre que j’ai hâte de lire : “Chapter 3: Business Stupidity”

En conclusion, pour en avoir fait l’expérience, je suis sûr que l’intelligence collective permet de publier plus vite des livres de plus grande qualité. J’espère qu’il y aura bientôt d’autres projets de ce type.