Dassault Systèmes, une entreprise 2.0 ?

A lire sur Intranet Infos un article très intéressant qui nous présente Dassault Systèmes comme une entreprise 2.0 ou en tout cas en bonne voie pour le devenir.

Je ne peux que me réjouir du contenu de cet article. Parmi les PME, éditeurs de logiciels et autres start-up Internet, il y a pas mal d’entreprises 2.0. Mais, dès qu’on va vers la grande entreprise, tout cela reste expérimental, incantatoire, gesticulatoire et le plus souvent l’omerta 2.0 permet de faire croire que tout va bien. Ou alors, on entend : “on est passé d’Office 2003 à Google Apps donc on est une entreprise 2.0″… ben voyons !

Cela dit, pour revenir à l’article d’Intranet Infos, j’ai appris à me méfier des belles déclarations au moment de l’installation d’un intranet 2.0 flambant neuf. On est tout fier et puis 6 mois plus tard, on ne trouve plus dans le système que des créatifs culturels et geek 2.0 tandis que le reste de l’organisation est retourné à l’e-mail, au téléphone et à la réunionite… 1.0 ! L’entreprise 2.0, ce n’est pas qu’un logiciel, c’est une nouvelle culture, un nouveau mode de management, une nouvelle organisation et de nouveaux processus de travail. L’addition de tout ça, c’est plus de risques d’échec et que de chances de succès.

S’il faut rester prudent et voir comment l’expérience de Dassault va tourner dans la durée, je dois dire que le contenu de cet article me rend optimiste. C’est un peu comme quand je lis une lettre de recommandation, je vois tout de suite celle qui vient du coeur. Et là, je sens quelque chose de fort dans le contenu de cet article.

Mon intuition est renforcée par le fait que Dassault Systèmes est actionnaire de Bluekiwi, un éditeur de solutions collaboratives à base de blogs et de réseaux sociaux,… Il y a une étude de cas sur cet éditeur dans mon livre ainsi qu’une interview de Bertrand Duperrin qui travaillait pour eux à l’époque.

Une surprise quand même, Dassault Systèmes s’engage aux côtés de Bluekiwi, devient distributeur Bluekiwi au niveau mondial et dans le même temps développe une solution maison très proche dans l’esprit des solutions de Bluekiwi. J’imagine qu’on n’a pas fini de réinventer le fil à couper le beurre, y compris quand on est actionnaire d’une entreprise qui en fabrique.

Ou alors, ils ont trouvé LA solution : il faut utiliser au moins 2 solutions collaboratives concurrentes pour être une entreprise 2.0 !

Trèfle de plaisanterie comme disent les lapins, j’attends depuis tellement longtemps une étude de cas un peu crédible que l’heure n’est pas aux mauvaises plaisanteries mais aux félicitations !

Un grand bravo à Dassault Systèmes qui, semble-t-il, ouvre donc la voie de l’entreprise 2.0 dans les grandes entreprises. A suivre…

Author: Olivier Zara

www.olivier-zara.com

4 thoughts on “Dassault Systèmes, une entreprise 2.0 ?”

  1. Merci pour cette excellente question que bcp se posent mais que peu expriment : quel lien entre cet intranet et la plateforme blueKiwi ? En fait, ce sont deux solutions complémentaires qui ont des caractéristiques très différentes, ce qui explique le développement ad hoc de DS : l’Intranet 2.0 de DS porte bien son nom, il a vocation à servir l’interne à l’exclusion de toute personne extérieure. Son objectif est de maitriser la diffusion de l’information en interne et son corollaire, la propriété intellectuelle. Il est donc bien positionné comme un intranet. De son côté, blueKiwi a pour vocation de créer des connexions et des nouveaux rapports avec son écosystème global, ses clients, ses partenaires, et tout l’outil est construit autour de cette notion d’échanges et d’ouverture interne/externe. On a d’ailleurs plus de 100 sociétés clientes qui utilisent bK dans cette optique mixte de développer leur écosystème. Mais surtout, cette annonce est une excellente nouvelle. blueKiwi n’a pas le monopole sur les plateformes sociales pour entreprises, mais le fait qu’une société comme DS aille dans ce sens et se mette au 2.0 en interne est une validation du “sens de l’histoire” qui est en train de se dérouler au sein des entreprises. Et DS est un précurseur en la matière, d’où notre volonté de travailler ensemble sur ces problématiques. Si jamais vous avez envie d’échanger sur le sujet, je suis à votre dispo 🙂 Damien Douani, directeur marketing de blueKiwi

  2. Juste quelques réflexions en vrac [Disclaimer : je n’étais pas dans le secret des Dieux sur le sujet mes remarques sont donc celles d’un connaisseur du secteur qui essaie d’analyser la situation, sans plus et n’engagent que moi]:

    – “il faut utiliser au moins 2 solutions collaboratives concurrentes pour être une entreprise 2.0 !” : tu ne crois peut être pas si bien dire. Comme je le disais dans mon dernier article sur les tendances 2010, et je ne suis pas le seul à aller dans ce sens, il n’y a aucune solution complète et idéale sur le marché, qui adresse tous les besoins à la fois en termes de fonctionnalités et de périmètre (employés + extérieurs). Peut être un jour. Mais en attendant il n’est pas illogique de voir des solutions diverses mises bout à bout en fonction de besoins spécifiques. Le seul enjeu est de bien distinguer les rôles de chacune et éviter les recouvrements. Une pratique qui risque d’être de plus en plus courante dans des logiques d’écosystèmes dès lors que l’outil hébergé “maison” ne peut pour des raisons divers être rendu accessible à des extérieurs. Je n’ai pas vu l’outil interne de 3DS mais il n’est pas idiot de penser que deux outils développés dans des logiques différentes (l’un est visiblement un “intranet” évolué alors que l’autre a vocation dès le départ à gérer de l’interne et de l’externe ce qui n’est pas neutre…) proposent des choses non pas concurrentes mais complémentaires.

    – J’ai appris une chose de mon passage dans le monde de l’édition de logiciel : il y a une différence énorme entre développer un outil adhoc, sur demande (et dans ce cas précis pour soi) et développer un produit unique à fins de commercialisation avec toute la logique de standardisation, support, vente, formation des équipes service, marketing, vente etc… pour une offre spécifique. Bref le passage du sur mesure à l’édition proprement dit est un acte plus qu’anecdotique. Beaucoup d’entreprise ont développé leur propre intranet ce qui ne signifie pas qu’elles soient à même ou de consentir les efforts nécessaires à sa commercialisation en tant que produit. Pour être le premier éditeur français et notre fleuron national en la matière, je ne doute pas que les gens de 3DS ont pleinement pesé cette situation et opéré un choix rationnel et plein de bon sens.

    – Un peu de co-opétition stimule toujours le progrès de part et d’autre.

    Je terminerai en revenant sur ton petit rappel “historique”. On parle aujourd’hui de cet intranet et de l’alliance bK/3DS. Tout cela n’arrive pas par hasard. Comme dit dans ton livre l’aventure a démarré en 2006 dans les faits même si les premiers contacts ont été pris toute fin 2005. Dès cette époque quasi préhistorique de l’entreprise 2.0, les gens de 3DS avaient déjà compris qu’il fallait travailler autrement et que cela devait être supporté par les outils appropriés. Rien de surprenant de voir le niveau de maturité acquis près de 4 ans après car ils ont appris en faisant et non en empilant les comités Théodule. Un très bon exemple de ce qu’il faut faire : essayer tôt sur des choses naissantes et se forger des certitudes plutôt que courir dans le brouillard derrière le train quand tout le monde s’y met.

  3. Bonjour,

    J’apprécie particulièrement la formule :
    “L’entreprise 2.0, ce n’est pas qu’un logiciel, c’est une nouvelle culture, un nouveau mode de management, une nouvelle organisation et de nouveaux processus de travail. L’addition de tout ça, c’est plus de risques d’échec et que de chances de succès.”

    Et donc du coup, je suis un peu frustré car la conversation concerne essentiellement les outils.

    Peut-on en savoir plus sur la nouvelle démarche management 2.0 de Dassault ? sur les nouveaux processus de travail ? Sur la manière de conduire le changement à tous les niveaux, sur l’investissement des manager dans la démarche, … ?

    Merci

    1. @Damien
      En voilà une question qu’elle est bonne 😉

      La réponse m’intéresse autant que toi. Cela dit, l’article d’Intranet Infos était bien sûr uniquement centré sur la dimension techno. Je suis volontaire pour faire un article sur les autres dimensions si Dassault Systèmes veut partager sur les points “non techno”. En plus, cela ferait une excellente étude de cas dans la 3ème édition de mon livre sur le management de l’intelligence collective.

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