Échouer, une condition pour devenir plus intelligent !


Octobre 2006 – Octobre 2016, mon blog fête ses 10 ans ! Un grand merci aux lecteurs qui m’ont tant apporté durant toutes ces années : idées, inspiration, sidération, transgression et plus encore. L’aventure se poursuit et vos commentaires sont ma source d’énergie pour continuer. RDV en octobre 2026 ! On ne va pas faire la fête tous les jours quand même 😉


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“Plus ça rate, plus on a de chances que ça marche.”Les Shadoks

Échouer est une condition pour devenir plus intelligent ! Il s’agit d’une évidence en Amérique du Nord, en Scandinavie… mais, dans d’autres pays, c’est absurde. Échouer, c’est montrer qu’on est un incapable. L’évidence devient absurde quand on confond “être” et “faire”. Ainsi, faire une erreur est bien différent d’être nul, de même “avoir raté” et “être un raté”.

Charles Pépin, écrivain et philosophe, vient de publier un nouveau livre sur ce sujet que je vous recommande : Les vertus de l’échec

Il nous invite à changer de cadre de référence, à voir l’échec autrement. Si je publie un billet pour faire la promotion de son livre, c’est parce que son message est FONDAMENTAL. Cependant, il n’ose pas dire toute la vérité… il nous propose en fait une révolution culturelle. Dans un monde où la prise de risque est la condition du succès, la peur de l’échec est un cancer. Nous arrivons finalement à l’idée d’une efficacité culturelle dans un contexte de mondialisation où les pays, et donc leurs cultures, sont en compétition pour prospérer.

Tout commence à l’école où nous sommes pilonnés pendant toute notre scolarité de critiques qu’on soit bon ou mauvais avec le fameux : “peut mieux faire”. Les parents en rajoutent une couche le soir. Une fois dans l’entreprise, la peur d’échouer est gravée dans notre ADN.

Paradoxalement, la première condition pour échouer est d’avoir peur… d’échouer. On ne prend pas la décision, on la prend trop tard, on refuse de reconnaître l’échec et donc d’en faire un levier de progrès. On rejette la faute sur les autres. On s’enferme dans le déni donc on ne progresse pas. On nous vante les mérites du “droit à l’erreur” mais personne n’y croit sincèrement surtout quand la situation économique est morose. Quand les managers et les leaders discuteront de leurs échecs avec leurs collaborateurs dans les réunions d’équipe, le “droit à l’erreur” ne sera plus du pipeau.

Créée dans la Silicon Valley, la Fail Conference permet aux entrepreneurs et investisseurs de partager expériences et apprentissage à partir des erreurs de chacun. La devise est : Embrace Your Mistakes. Build Your Success. Cela vous tente “d’embrasser vos erreurs” ? À quand le Fail Meeting mensuel ou annuel où le manager et son équipe parleraient uniquement des erreurs de chacun ?

Une banque américaine va plus facilement prêter de l’argent à un entrepreneur qui a échoué. Un investisseur préfèrera celui qui a plusieurs échecs à son actif parce que plus vous racontez vos échecs, plus vous démontrez votre intelligence, votre humilité, votre capacité d’apprendre et de rebondir.

À travers vos échecs, vous prenez conscience de vos talents, de votre singularité et de votre véritable projet de vie (social et professionnel). Vous pouvez alors décider de persévérer ou de pivoter vers autre chose. Lorsque j’accompagne des personnes en mode Personal Branding, je leur demande de raconter leurs échecs… pas uniquement leurs réussites.

Quand on vous dit que vous êtes bon, c’est excellent pour votre ego, pour votre motivation, mais vous n’apprenez rien. Certes, il faut valoriser les réussites, mais aussi les échecs. On ne changera pas une culture qui juge l’être plutôt que le faire avec des livres ou des articles de presse. Il faut instaurer des processus, des règles tout comme on a instauré des quotas pour lutter contre les discriminations (en particulier des femmes en politique). Si on laisse ce changement culture au bon vouloir, il n’arrivera pas. Il faut agir dans les écoles et dans les entreprises.

Voici quelques interviews de l’auteur :

Sur France Inter :

Regardez en particulier la 2ème vidéo qui est excellente (sa meilleure interview) : https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-d-ali-baddou/l-invite-d-ali-baddou-23-septembre-2016

Sur France 2 :

Et pour finir une interview dans Le Figaro qui se termine ainsi : “Les échecs nous font réfléchir et progresser dans notre humanité. C’est pour cela que si vous n’avez jamais connu le sentiment d’échec, vous avez raté votre vie.”

L’échec est la clé du succès. C’est une évidence dans certains pays et une aberration dans d’autres. Alors, ne tardez pas à choisir le bon camp en ouvrant vite votre agenda pour programmer votre prochain Fail Meeting !

Et s’il vous reste un peu de temps, voici les dates des prochaines formations et conférences sur le management digital et l’intelligence collective : http://www.blog.axiopole.info/2016/08/25/conference-manager-digital/

Author: Olivier Zara

www.olivier-zara.com

4 thoughts on “Échouer, une condition pour devenir plus intelligent !”

    1. Comme le dit l’auteur, quand tu échoues, tu as deux options : pivoter vers autre chose ou persévérer. A un moment ou un autre, soit tu réussis, soit tu pivotes car la réalité finit toujours pas te rattraper 😉

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