Revue de presse

Avec beaucoup de retard, je vous signale deux articles publiés sur le thème de l’intelligence collective :

– “Un levier sous-exploité, Performance et intelligence collective” – Article publié dans la revue Personnel de l’ANDRH en septembre 2007, dans le dossier “Management de la performance et ressources humaines” :

Lire l’article en pdf…

couverture de la revue ANDRH

Source : Association Nationale des Directeurs des Ressources Humaines

Interview dans la newsletter d’Ernst & Young publiée le 27 septembre 2007 (Propos recueillis par Thierry Maillet) sur la relation entre l’intelligence collective et les crises financières mondiales (cf. Crise des Subprimes) :

Lire l’interview

Cet interview intéressera surtout ceux qui travaillent dans le secteur bancaire. Je développe en particulier la notion d’intelligence collective étendue.

L’entreprise démocratique ?

Je viens de voir une interview vidéo conduite par Richard Collin et publiée dans la bibliothèque NextModernity suite à la publication du livre de Michel Hervé “De la pyramide aux réseaux”. Je suis globalement en accord avec lui, sauf quand il associe entreprise et démocratie.

Lire l’article…

La question du jour est donc : “L’entreprise est-elle ou doit-elle être démocratique ? Et si oui, sera-t-elle plus performante que les autres ?”
Je copie et je colle ci-dessous le commentaire que j’ai fait sur le blog de NextModernity.

“Je n’ai pas lu ce livre, mais à travers le texte et la vidéo, voici mes réactions sur la notion d’entreprise démocratique.

Demos = le citoyen
Cratos = le gouvernement

La démocratie, c’est le gouvernement des citoyens qui décident ensemble à la majorité parce qu’ils détiennent le pouvoir collectivement. Une démocratie est par définition une démocratie directe. Mais pour des raisons pratiques, la démocratie directe est assez difficile à mettre en oeuvre. Aujourd’hui, la démocratie est donc représentative (quand le pouvoir est délégué à des élus) ou participative (démocratie représentative dans laquelle il existe des procédures de démocratie directe telles que le référendum d’initiative populaire (RIP), le budget participatif,…).

Dire qu’une entreprise est démocratique signifie donc que ce sont les salariés qui détiennent le pouvoir et qui décident collectivement (en direct ou par délégation). Or le pouvoir appartient aux actionnaires (aux propriétaires de l’entreprise), et non aux salariés. Ce sont les actionnaires qui délèguent à une direction le pouvoir de gérer l’entreprise et non les salariés. Et si les salairés sont parfois actionnaires de leur propre entreprise, ils sont rarement majoritaires.

On se retrouve donc une nouvelle fois dans la confusion classique entre “réflexion collective” et “décision collective” lorsqu’on aborde la question de l’entreprise 2.0 qu’on voudrait nous vendre comme démocratique. Ce n’est pas parce que le collectif a participé à la réflexion que cela induit mécaniquement la nécessité d’une décision collective.

En politique, comme dans les entreprises, les décisions collectives sont très rares et c’est une bonne chose. Il suffit de compter le nombre de référendums par rapport aux lois votées par les parlementaires.

Les décisions collectives sont sources de rigidité et de dilution des responsabilités. Le plus important n’est pas la décision (collective ou individuel), mais le processus qui conduit à la décision. Le but est de mobiliser les intelligences et les connaissances dans ce processus.

Parler d’entreprise démocratique est faux, sauf quand les salariés détiennent la majorité du capital. Dire que la démocratie (décision collective) est une source de performance est plus que contestable !”

Mon commentaire sur ce blog est rapide et synthétique. J’argumenterai plus en profondeur le sujet et mes positions si cela vous intéresse…

Mise à jour du 30 octobre 2007 :

La revue Sciences Humaines vient de publier dans son édition de novembre 2007 un dossier : “la démocratie aux portes de l’entreprise…“. Comme je ne l’ai pas encore lu, je vous invite à lire le billet de Gilles Martin :

http://gillesmartin.blogs.com/zone_franche/2007/10/toc-toc-qui-va-.html

Il semble qu’on considère les instances de représentation du personnel comme un élément de démocratie interne. Mais, il ne s’agit que de dialogue social… rien de plus et rien à voir avec la démocratie qui concerne l’exercice du pouvoir. Le dossier semble montrer que les salariés ne participent pas aux décisions sur la stratégie. C’est une très bonne chose que la stratégie soit décidée par le PDG tout SEUL. Par contre, il ferait une grosse erreur en ne mobilisant pas l’intelligence collective de son entreprise aussi bien en interne qu’en externe (celle de ses parties prenantes). Ce que j’appelle l’intelligence collective étendue !

Intelligence collective et marketing politique

La vie politique française est en ébullition en ce moment ! Je voudrai donc partager avec vous 3 extraits de discours qui montrent l’usage du terme “Intelligence collective” en politique. C’est nouveau, ça vient de sortir, est-ce que ça va durer ?
Voici les extraits :

Discours de rentrée de Ségolène Royal
Prononcé le 20 août 2006 lors de la fête de la rose organisée à Frangy en Bresse

[…] Moi, je crois aux citoyens experts. Certains s’en sont moqués, mais chacun d’entre nous est le mieux placé pour savoir quelles sont ses attentes, ses espérances. Quand on s’abstient, ce n’est pas de gaieté de cœur, mais parce que l’on sait que l’on n’est pas entendu. Plus les gens sont écoutés, plus ils sont associés, alors plus les réformes sont fortes et durables. Nous avons soif de considération, de maîtrise personnelle de nos existences, d’intelligence collective, de résultats sans gaspillage ni lenteur, avec l’aide de citoyens qui ne soient plus exclus d’une histoire qui est la leur. Je ne propose pas une gouvernance aseptisée réduite à la gestion à la marge des choses, mais une politique fondée sur l’exigence d’égalité qui est celle de la France.

Ce que je vous propose, c’est une révolution démocratique fondée sur l’intelligence collective des citoyens, sur une vraie décentralisation qui identifie les responsabilités et rend donc l’Etat plus efficace, sur une démocratie sociale dans l’entreprise qui permette de moderniser les relations sociales. Le respect crée la confiance et la confiance nourrit le désir d’avenir. […]

Université d’été des jeunes populaires UMP
Marseille – dimanche 3 septembre 2006
Nicolas Sarkozy,
Président de l’Union pour un Mouvement Populaire

[…] Malraux voulait créer partout des Maisons de la culture pour mettre la culture à la portée de chacun. Dans notre époque où c’est l’intelligence collective qui enfante l’avenir, où c’est le métissage des cultures et des idées, le mélange, le brassage qui est la principale force de création dans tous les domaines, je propose de créer partout des Maisons des créateurs où se retrouveront tous ceux qui aspirent à inventer, à créer, à entreprendre dans tous les domaines, où ils pourront trouver des soutiens, des conseils, des formations, des aides, mais aussi où ils échangeront, où ils croiseront leurs expériences, leurs idées, leurs projets, où ils formeront des projets communs, où ils inventeront ensemble l’avenir. […]

Partez, M. le Président !
Article publié le 14 Janvier 2006
Par CHRISTIAN BLANC
Source : LE MONDE

[…] C’est probablement, Monsieur le Président, la fin d’un système politique dont vous êtes le chef, capté à droite comme à gauche par un groupe de hauts fonctionnaires, brillants mais coupés du monde réel. Une caste administrative qui n’a pas su adapter notre pays, car elle n’a jamais voulu s’appuyer sur l’intelligence collective de nos concitoyens. Cette suffisance engendre le cynisme, le mensonge, et finalement l’échec. […]

Pour savoir s’il s’agit de marketing politique ou de convictions profondes, il faudra malheureusement attendre quelques années après l’élection pour juger sur des faits. Mais marketing ou pas, on peut saluer l’effort et faire la longue liste de tous les politiciens qui n’ont jamais évoqué l’intelligence collective dans leur discours.
Les modes de gouvernance au niveau politique et au niveau économique sont culturellement liés. Si l’un bouge, il y a des chances que l’autre soit aussi obligé de bouger.
Si vous trouverez d’autres discours politiques abordant la question de l’intelligence collective, n’hésitez pas à faire un commentaire en reprenant l’extrait du discours sur le même format que mon billet.