Vous trouverez sur les menus hauts de ce blog une nouvelle page qui décrit mon offre de services sur le management de l’intelligence collective. Je viens d’y ajouter 2 nouvelles formations. Les prochaines sessions sont prévues le 15 octobre sur le management de l’intelligence collective et 12 & 13 octobre sur l’identité et la réputation numériques.

Boostzone propose une formation “Versicolore” :

Booster l’intelligence collective des équipes projet et des communautés – Savoir réfléchir ensemble à distance, en transverse et dans un contexte interculturel

Tous les détails de cette formation (programme, objectifs, durée, prix,…) sont disponibles sur la brochure en PDF (Versicolore).

Prochaine session : 15 octobre 2010 à Paris

Inscription : Voir le bas de la brochure en PDF

Cette formation est destinée aux :

- Cadres dirigeants

- Responsables au sein d’organisations privées ou publiques

- Chefs de projet, Animateurs de communauté

Boostzone propose une formation :

Identité et réputation numériques dans les réseaux et médias sociaux

Tous les détails de cette formation (programme, objectifs, durée, prix,…) sont disponibles sur la brochure en PDF (Tournesol).

Prochaine session : 12 & 13 octobre 2010 à Paris

Inscription : Voir le bas de la brochure en PDF

Cette formation est destinée aux cadres dirigeants et responsables de la réflexion sur les réseaux sociaux internes, les transferts de connaissances, l’innovation, la formation, le management du capital humain ou la stratégie (au sein d’organisations privées ou publiques).

Luis Alberola, Tristan Latgé, Miguel Membrado & Nicole Turbé-Suetens sont les 4 fondateurs d’une nouvelle association sur l’entreprise 2.0. Son nom est 362.0 parce que l’objectif de l’association est d’explorer avec une vision 360° l’entreprise et les organisations qui sont en mode 2.0.

362.0 est une communauté de réflexion et d’action, trans-disciplinaire, centrée sur les mutations de la société et leurs impacts sur les organisations.

362.0 veut être force de proposition et peser sur la façon dont les entreprises s’adapteront à leur nouvel environnement social, économique, technologique et politique.

Les quatre membres fondateurs de 362.0 sont :

  • Luis Alberola, Talent Club – Talents et Management 2.0
  • Tristan Latgé, Immerso – Communication 2.0
  • Miguel Membrado, Kimind Consulting – Entreprise 2.0
  • Nicole Turbé-Suetens, Distance Expert – Organisation 2.0

Les membres actifs du collège 362.0 sont :

  • Laurentia Benrubi, Inflexions – Comportements stratégiques et leadership humain
  • Catherine Gall, Steelcase – Environnements de travail
  • Marie Khayat – Consultante en marketing et développement durable
  • Vincent Montet, IRM Agency – Communication 2.0
  • Frédéric Padé – Consultant en management
  • Olivier Réaud, InPrincipo – Management Collaboratif

Pour en savoir plus, je vous invite à visiter le site de l’association : www.362point0.org

Deux rencontres sont prévues en juin :

Le 9 juin, matinée débat Développement Durable et Web 2.0

Le 22 juin – Les nouvelles voies de la Gestion des Talents

Longue vie … 2.0 à cette nouvelle association !

;-)

Un article intéressant du 13 avril 2010 à lire sur Le Nouvel Économiste :

Fixer les connaissances individuelles dans l’intelligence collective de l’entreprise

http://www.lenouveleconomiste.fr/2010/04/13/memoire-vive/

C’est à la fois un historique sur tout ce qu’il ne faut pas faire et des pistes de réflexion pour construire l’avenir. Voici quelques extraits qui ont retenu mon attention :

- La communautarisation des connaissances

- On a d’abord cru à la possibilité d’archiver soigneusement dans les mémoires numériques les connaissances de chaque collaborateur. Avant de prendre conscience que le cap suivi n’était pas le bon. “On s’est rendu compte que la connaissance se trouve plus au rayon frais qu’au rayon des surgelés, résume plaisamment Carlos Diaz, président de Bluekiwi. L’important n’est pas forcément de ressortir des archives du passé ou de faire de l’analyse sur ce que l’on savait avant mais plutôt de mettre en connexion les gens entre eux, en fonction de leurs besoins immédiats, avec la possibilité d’utiliser de la connaissance mise à jour en temps réel.”

- “Favoriser les réseaux d’anciens est à l’ordre du jour, estime Dominique Turcq, pas forcément en se limitant aux retraités mais en élargissant à tous ceux qui ne sont plus dans l’entreprise, de manière à pouvoir encore aller chercher leur savoir une fois ceux-ci à l’extérieur.”

- Faire passer les connaissances individuelles dans l’intelligence collective de l’entreprise grâce à l’approche participative est une révolution qui peut faire peur. “On est en train de changer la façon même de travailler ensemble, commente Dominique Turcq, il y a aussi une prise de conscience que l’information et la connaissance sont partout, pas seulement auprès de ses collègues mais également à l’extérieur, dans toutes sortes de réseaux, y compris ceux des anciens de son école ou de son université.”

- Certains clients nous disent qu’ils ne sont pas prêts culturellement. Ce à quoi nous leur répondons que la culture n’est pas un préalable mais plutôt un objectif.

- L’exemple le plus couramment cité est celui de Cisco, aux Etats-Unis. “Le passage à l’entreprise collaborative s’est traduit par le départ de 25 % des cadres de l’entreprise, rappelle Jérôme Coignard, l’entreprise transversale remet en cause la hiérarchie des pouvoirs. Accepter que le nouveau talent puisse venir d’en bas n’est pas un changement facile”, ajoute-t-il, en mentionnant le cas d’un commis de cuisine qui a gagné la première place face à des cadres dans un jeu de simulation destiné à évaluer les qualités de management des participants. Dominique Turcq entre dans le détail : “Vu d’en haut, il y a une résistance spécifique, estime-t-il, c’est celle de la direction des systèmes d’information, d’abord pour des raisons de sécurité mais pas seulement. Les DSI avaient commencé à asseoir leur pouvoir grâce au stockage de données, on leur demande à présent de connecter les individus entre eux.”

- Au niveau des étages inférieurs, les freins viennent plutôt d’une réticence à participer. Les chiffres habituels concluent que 1 à 4 % des personnes s’expriment sur une plate-forme numérique collaborative, 9 % réagissent et 80 % observent prudemment. Peut-on s’en contenter ? “Oui”, répond Carlos Diaz reprenant l’exemple du modèle Wikipédia où “seule une toute petite fraction des utilisateurs participent mais cela intéresse quand même tout le monde.”

- Avec l’annuaire intelligent, on passe même au stade supérieur où chacun, finalement, est prié de s’évaluer lui-même en substituant à l’ancien listing classique dressé par la direction un outil rempli par les collaborateurs eux-mêmes, seuls juges des compétences qu’ils souhaitent mettre en avant.

Pour lire l’article complet :

http://www.lenouveleconomiste.fr/2010/04/13/memoire-vive/

Vous trouverez dans ce billet un extrait de la présentation Powerpoint que j’utilise lors de mes conférences sur l’intelligence collective et quelques commentaires.

Ce billet concerne les grandes entreprises avec plusieurs niveaux hiérarchiques (donc pyramidale) et non les PME (souvent en rateau) qui ont des problématiques différentes ou les grandes sociétés composées majoritairement de consultants ou d’informaticiens (mais certaines trouveront quand même des pistes de réflexion et axes de progrès dans ce billet !).

L ‘expression “Entreprise 2.0″ est à la mode, mais je lui préfère “entreprise intelligente” parce que la techno n’est qu’un support de l’intelligence collective et non un moyen de l’obtenir. “Entreprise 2.0″ est un concept marketing visant à accélérer la vente de solutions logiciels et conseils à des entreprises 1.0. Cette approche marketing me semble finalement contre-productive puisqu’elle culpabilise l’entreprise dans sa culture et son fonctionnement. Si l’entreprise 1.0 est consciente de l’importance du Web 2.0, elle n’est pas pour autant prête à changer de culture. Nous sommes donc dans une impasse et je vous propose quelques pistes pour en sortir. L’entreprise 2.0 Next Generation, c’est l’organisation qui laisse l’entreprise 1.0 vivre sa vie et qui organise des espaces et des temps 2.0 autour de l’entreprise 1.0.


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Commentaires pour donner du sens à cette présentation 

Une lectrice m’a récemment posé la question : “Est-ce que votre livre décrit une réalité ou un idéal ?”. Je lui ai répondu : “les deux !”. Malheureusement, l’entreprise 2.0 est pour l’instant un idéal macroscopique et une réalité microscopique. Traduction : beaucoup de bonnes pratiques au niveau local (département, équipe, projet, communauté,…) et pas grand-chose au niveau global (toute l’entreprise). Pourtant, quelques personnes affirment le contraire selon 2 dynamiques, le pipeau 2.0 et l’omerta 2.0 qui ont en commun l’achat d’une solution 2.0

1. Le pipeau 2.0 ou comment travailler sa marque employeur façon mousse Kronenbourg 

Une entreprise déclarait récemment dans une table ronde : “Nous sommes une entreprise 2.0″. Ayant quelques “amis” dans la place, je me “renseigne” et découvre un grand écart entre ce qu’affirment les dirigeants de l’entreprise et la réalité du salarié en bas de l’échelle ou au milieu. Entre nous, on appellera ça du pipeau 2.0. On arrive à cette situation quand on achète une solution 2.0 que peu de personnes utilisent dans la durée. A ce moment-là, le seul ROI possible consiste à faire mousser sa marque employeur vis-à-vis des Gen Y. En fait, les dirigeants sont victimes de l’omerta 2.0

2. L’omerta 2.0 : le pacte de non agression 

Là encore, vous achetez une solution 2.0. Après l’euphorie du lancement, quand les geeks et créatifs culturels découvrent que leur contribution au collectif n’est pas prise en compte dans l’entretien annuel d’évaluation, l’omerta s’installe.
Le salarié n’a aucun intérêt à se vanter de ne pas “collaborer” ou à s’en plaindre. Le manager préfère que chacun se concentre sur ses objectifs individuels afin qu’il puisse atteindre ses propres objectifs. La DSI n’a pas intérêt à alerter les dirigeants sur le problème : beaucoup d’argent investit dans une solution informatique à l’abandon. Les éditeurs doivent vendre et ne vont pas faire des études de cas sur ces échecs. Les dirigeants d’une entreprise ne traitent que les problèmes qui remontent à eux, or l’omerta a fait disparaître le problème et ils peuvent donc de bonne foi faire du pipeau 2.0. Bienvenue dans le monde de Candide : tout va pour le mieux ! 

Pipeau et omerta sont dans le même bateau. Dans une optique de développement durable, il est urgent de couler le bateau. 

Le constat 

L’organisation hiérarchique pyramidale est le meilleur système pour exécuter des décisions, pour produire, pour les activités courantes. Mais, c’est le pire système qui existe pour prendre des décisions, innover, résoudre des problèmes ou partager des bonnes pratiques. On a donc besoin d’une organisation intelligente… aussi ! Il y a ensuite trois solutions possibles. 

Solution 1 : détruire l’organisation hiérarchique pour laisser la place ou plus de place à l’organisation  intelligente 

L’échec est garanti car l’ADN de l’organisation hiérarchique est totalement incompatible avec l’ADN de l’organisation intelligente. On organise une sorte de guerre de religion entre les geeks, Gen Y, créatifs culturels,… (qui sont minoritaires) et le reste de l’organisation. 

Solution 2 : créer des espaces coopératifs 

Comme il est difficile voire impossible de créer de l’intelligence collective à l’intérieur de l’organisation hiérarchique, alors on crée de nouveaux espaces de travail pour connecter les intelligences et les savoirs en dehors de la pyramide hiérarchique. Il s’agit de groupes projet, processus d’innovation participative, communautés de pratique, réseaux management, focus groupe, task force,… Vous avez tous participé à ces espaces coopératifs ou vous y participerez un jour ! 

Ces espaces sont en orbite géostationnaire autour de la pyramide hiérarchique qui reste impénétrable. Comme ce sont les mêmes personnes qui participent aux espaces coopératifs et qui travaillent dans la pyramide, on pourrait penser que la culture “intelligence collective” va pénétrer la pyramide comme un virus. Mais, c’est un leurre. Pour que ce “miracle” se produise, il faudrait que plus de 50% de l’effectif d’une organisation fonctionne dans la logique “intelligence collective” (pour changer la culture dominante, les modes de travail,… car le mimétisme est incontournable) ET de même pour environ 75% du Codir (CEO et top management parce que la culture et les modes de travail s’imposent aussi par le haut de la pyramide). Étant donné que très peu de dirigeants participent à ces espaces coopératifs ainsi qu’une minorité de l’effectif, les chances de succès sont faibles, mais on a le droit de rêver… 

La solution 2 pose quelques problèmes : 

- Il y a une cloison étanche entre les espaces coopératifs et l’organisation hiérarchique : décisions éclairées à l’extérieur / décisions « non éclairées » à l’intérieur, sous entendu décisions qui tombent de la tour d’ivoire du décideur solitaire qui a réfléchi dans son coin. Or, l’objectif à atteindre est une décision solitaire éclairée par les intelligences et les savoirs des personnes qui seront impactées directement ou indirectement par la décision. 

- Ces espaces sont certes voulus par les dirigeants, mais ils sont souvent en sursis en fonction de l’équipe de direction et de la conjoncture. Combien de projets, de communautés, de réseaux qui disparaissent à la faveur d’une crise, d’un changement de dirigeant, de manager,… 

- Ces espaces créent un travail supplémentaire qui n’est pas souvent reconnu dans l’évaluation annuelle de la performance (contribution au collectif non prise en compte, participation à ces espaces perçus comme une perte de temps). Pour résoudre ce problème, il faudrait revoir les processus d’évaluation, mais il y a un conflit d’intérêt entre les besoins d’évaluation hiérarchique et coopératif. Trouver un équilibre n’est pas facile. Deux systèmes sont pertinents pour le coopératif : une évaluation à 360° et un système très simple de capital coopération qui fera l’objet d’un prochain billet… 

Solution 3 : Transformer l’intelligence collective en « temps » et non en espaces / territoires 

Le gros problème de la solution 2 est de créer un espace, un territoire de même nature que l’organisation hiérarchique. De facto, on crée une compétition entre les territoires. Un territoire menace l’autre et inversement. 

Dans la solution 3, je propose de transformer l’intelligence collective en temps plutôt qu’en territoire. L’intelligence collective deviendrait une sorte d’horloge. Dans ce cadre, mon livre « Le management de l’intelligence collective » décrirait le fonctionnement de cette horloge : quand, pourquoi, comment utiliser cette horloge ? 

Je vous renvoie vers la diapositive 12 pour voir le fonctionnement de la solution 3. 

En conclusion, voici 3 pistes de réflexion : 

- L’objectif à atteindre serait de combiner la solution 2 et 3. Il y a beaucoup de réussites et de réalisations depuis 10 ans sur la solution 2, tandis que sur la solution 3, presque tout reste à faire. La bonne nouvelle est que nous avons fait 50% du chemin. La mauvaise nouvelle est qu’on a commencé par le plus facile ! 

- Voir diapositive 14 et 15 pour les 2 autres pistes. Pour la diapositive 15, je vous invite à lire ce billet qui me permet d’expliciter les différents usages du Web 2.0 : Web 2.0 Next Generation 

Et pour terminer, une question importante : qu’en pensez-vous ? 

Vous connaissez le 360° feed-back ? Il s’agit d’un processus d’évaluation des compétences piloté par l’entreprise à partir d’un référentiel de compétences défini par l’entreprise.  Cela peut servir pour détecter les hauts-potentiels ou pour évaluer les résultats sur le mode entretien annuel d’évaluation.

Rypple est un service proposant un système de feed-back auto-géré. Voici quelques textes extraits de leur site pour comprendre le système :

De quoi s’agit-il ?

Rypple is built on the belief that feedback leads to success. Some of  the best habits of successful people are built into Rypple. What are they? Frequent requests for honest, direct feedback; quick, regular 1-on-1 conversations; and real actions based on this feedback that leads to constant improvement…and success!

People use Rypple to ask for specific feedback on business and personal topics from the people they know (co-workers, clients, mentors, and friends).

Companies use Rypple to enhance their existing performance reviews and learn where their people can improve.

Comment ça fonctionne ?

The basic building block is a ‘Rypple’, a 200-character question that you want answered, and that Rypple sends to the people you specify (your ‘advisers’), who could be colleagues, clients, mentors and friends that you know.

Advisers receive an email containing your question, and can respond how and when they want. We made it easy for them to respond through features like Reply by Email.

Rypple is designed to keep responses anonymous, so your advisers feel safe providing honest, direct feedback (which can sometimes be difficult).

et en bonus une vidéo :

Les applications de ce service sont nombreuses : depuis le développement de sa performance professionnelle jusqu’au Personal Branding.

Quelques pistes de réflexion sur l’utilisation de Rypple pour un individu ou pour une entreprise :

- Sur le management de l’intelligence collective

L’évaluation d’une activité très intellectuelle (réflexion, partage de savoirs, création,…) est très difficile. Par exemple, sur quels critères évaluer ce que doit être le temps de rédaction d’un rapport XYZ ? Comment évaluer la qualité de ce rapport objectivement (sans que le contenu de l’évaluation varie trop fortement en fonction de la personnalité des évaluateurs) ? Face à ces questions, il semble que le système du 360° feed-back soit l’outil le plus adapté pour l’évaluation des activités à forte valeur ajoutée intellectuelle. Mais pour l’instant, on évalue de la même manière le traitement de 50 dossiers et la rédaction d’un rapport de 50 pages. Si compter jusqu’à 50 est à la portée de n’importe quel manager puisque c’est quantifiable, évaluer la qualité d’un rapport avec équité et objectivité est une tâche bien différente dans laquelle le collectif peut apporter une contribution intéressante.

Le 360° feed-back pose par ailleurs la question de l’évaluation de la contribution d’un collaborateur au collectif. On voit mal pourquoi un collaborateur contribuerait au collectif si on l’évalue uniquement sur ses objectifs individuels.

- Sur la gestion de sa marque personnelle (Personal Branding)

Ce mode d’évaluation joue un rôle important. Sur la partie  “Mieux vous connaître” de la démarche, il faut faire un travail d’introspection pour définir son identité professionnelle. Pour réussir cette partie, il est indispensable de solliciter le feed-back de son entourage social et professionnel. Il faut chercher de l’aide dans le collectif pour mesurer les différences entre notre perception de nous-mêmes et la perception des autres. Cette mesure est d’autant plus importante que la perception de la réalité par notre entourage est toujours plus forte que la réalité elle-même.

Sur la partie, ” Mieux vous faire connaître”, il est utile de recueillir du feed-back pour savoir si son profil, son blog et tous les éléments liées à sa marque personnelle sont ” on brand” ou “off brand”.

Est-ce que ce mode d’évaluation est humainement acceptable ?

Solliciter du feed-back est dangereux puisqu’on s’expose à un feed-back négatif et ce d’autant plus que Rypple permet l’anonymat. Quand une entreprise vous impose le 360° feed-back, vous jouez le jeu parce que vous ne voulez pas monter dans la prochaine charrette. Mais, si vous aviez le choix, est-ce que vous seriez l’initiateur d’une telle évaluation pour vous-même ? Est-ce qu’il n’est pas plus confortable de ne pas savoir ? de vivre dans l’illusion de la perfection ? de se protéger psychologiquement contre toute nouvelle agression extérieure (on doit déjà supporter celles qui ne sont pas sollicitées) ?

Rypple est promis à un grand avenir mais ce service n’est pas compatible avec toutes les personnalités. Il faut avoir un “self” fort, une grande confiance en soi, de l’ambition, l’envie de progresser pour devenir moteur de sa propre évaluation.

Sur la dimension marque personnelle, on pourrait aussi imaginer que ces feed-back servent à construire sa réputation professionnelle. Mais cela pose deux problèmes : (1) du fait de l’anonymat, on ne sait pas qui est l’auteur du feed-back. Or le poids d’un feed-back dépend de la réputation et du statut de la personne qui le donne ; (2) la réputation professionnelle se construit sur une logique de recommandation et non d’évaluation, il faudrait donc qu’on puisse publier uniquement les feed-back positifs.

Enfin, des dérives sont possibles. Les feed-back que je reçois sont ma propriété. Je les utilise pour progresser. Mais Rypple pourrait aller plus loin en permettant à l’entreprise d’utiliser ces feed-back comme un outil d’évaluation à 360°. Dans ce cas, il est fort probable que l’individu ne serait plus le moteur du système. On reviendra au top down, c’est-à-dire à un entretien annuel d’évaluation à la mode 360°. Rien de nouveau ! La force de Rypple aujourd’hui, c’est d’offrir un outil d’auto-évaluation pour ceux qui veulent progresser dans leur métier. Peut-il proposer le 2 en 1 sans perdre son âme ?

Merci à Dominique Turcq pour cette découverte et pour son “feed-back” constructif dans la phase de rédaction du billet . Dominique dirige le BOOSTZONE Institute – Un billet à suivre sur Boostzone.

A lire sur Intranet Infos un article très intéressant qui nous présente Dassault Systèmes comme une entreprise 2.0 ou en tout cas en bonne voie pour le devenir.

Je ne peux que me réjouir du contenu de cet article. Parmi les PME, éditeurs de logiciels et autres start-up Internet, il y a pas mal d’entreprises 2.0. Mais, dès qu’on va vers la grande entreprise, tout cela reste expérimental, incantatoire, gesticulatoire et le plus souvent l’omerta 2.0 permet de faire croire que tout va bien. Ou alors, on entend : “on est passé d’Office 2003 à Google Apps donc on est une entreprise 2.0″… ben voyons !

Cela dit, pour revenir à l’article d’Intranet Infos, j’ai appris à me méfier des belles déclarations au moment de l’installation d’un intranet 2.0 flambant neuf. On est tout fier et puis 6 mois plus tard, on ne trouve plus dans le système que des créatifs culturels et geek 2.0 tandis que le reste de l’organisation est retourné à l’e-mail, au téléphone et à la réunionite… 1.0 ! L’entreprise 2.0, ce n’est pas qu’un logiciel, c’est une nouvelle culture, un nouveau mode de management, une nouvelle organisation et de nouveaux processus de travail. L’addition de tout ça, c’est plus de risques d’échec et que de chances de succès.

S’il faut rester prudent et voir comment l’expérience de Dassault va tourner dans la durée, je dois dire que le contenu de cet article me rend optimiste. C’est un peu comme quand je lis une lettre de recommandation, je vois tout de suite celle qui vient du coeur. Et là, je sens quelque chose de fort dans le contenu de cet article.

Mon intuition est renforcée par le fait que Dassault Systèmes est actionnaire de Bluekiwi, un éditeur de solutions collaboratives à base de blogs et de réseaux sociaux,… Il y a une étude de cas sur cet éditeur dans mon livre ainsi qu’une interview de Bertrand Duperrin qui travaillait pour eux à l’époque.

Une surprise quand même, Dassault Systèmes s’engage aux côtés de Bluekiwi, devient distributeur Bluekiwi au niveau mondial et dans le même temps développe une solution maison très proche dans l’esprit des solutions de Bluekiwi. J’imagine qu’on n’a pas fini de réinventer le fil à couper le beurre, y compris quand on est actionnaire d’une entreprise qui en fabrique.

Ou alors, ils ont trouvé LA solution : il faut utiliser au moins 2 solutions collaboratives concurrentes pour être une entreprise 2.0 !

Trèfle de plaisanterie comme disent les lapins, j’attends depuis tellement longtemps une étude de cas un peu crédible que l’heure n’est pas aux mauvaises plaisanteries mais aux félicitations !

Un grand bravo à Dassault Systèmes qui, semble-t-il, ouvre donc la voie de l’entreprise 2.0 dans les grandes entreprises. A suivre…

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