Le lundi 29 Mars 2010 de 14h30 à 18h au Sénat (salle Clemenceau au Palais du Luxembourg – entrée au 15 rue de Vaugirard, 75006 Paris), se tiendront les Trophées PLANET-D 2009 en présence de la Secrétaire d’Etat à l’Ecologie et de la Commissaire Générale au développement durable. A cette occasion, il y aura un débat sur le thème : “L’intelligence collective au service de l’innovation“.

En face d’un public composé d’étudiants de toute la France, d’experts du monde universitaire, et de personnalités du monde économique et politique, le débat permettra de nourrir les réflexions et les objectifs des acteurs présents pour mieux engager les campus étudiants et les collectivités locales vers la voie du développement durable.

L’intelligence collective est un des outils les plus importants du développement durable en particulier à travers les processus de concertation. Je suis heureux de voir qu’il est reconnu comme tel à travers ce colloque.

Les Trophées PLANET-D récompensent les meilleurs projets menés par des étudiants pour concrétiser cet engagement vers le développement durable.

Je serai un des intervenants durant ce colloque qui est ouvert au public. Si vous souhaitez y participer, voici l’invitation (cliquez sur l’image pour agrandir) :

Pour vous inscrire…

Voir le programme…

colloque planetD

Si cela vous intéresse, voici une offre d’emploi publiée sur Studyrama :

Poste : Consultant R&D en Intelligence Collective

pour le groupe EDF

http://www.studyrama.com/offre-emploi.php?id_offre=9045

N’hésitez pas à me signaler ce type d’offre d’emploi. Je me ferai un plaisir de les relayer sur ce blog.

A la suite de quelques conférences et missions ces derniers mois, j’ai décidé de faire une synthèse de ma position actuelle sur le Web 2.0 et l’entreprise 2.0. En complément de ce billet et pour aller plus loin, je vous invite à regarder la vidéo des rencontres organisées par le Groupe ADEO le 17 avril 2009 sur le thème : « Comment animer des communautés ? ». Le Groupe ADEO regroupe plusieurs enseignes dont Leroy Merlin, Aki, Bricocenter, Weldom, Bricoman, Bricomart, Dompro, Zodio et Kbane soit 55.000 salariés dans 9 pays et 10,2 milliards d’euros de CA en 2008. Les dirigeants de ce groupe sont depuis des années ouverts aux innovations aussi bien techniques que sociales.

Voici la vidéo de ces rencontres : http://videos.prodcasttv.tv/adeo

(Intervenants extérieurs au Groupe : Xavier Aucompte, Xavier Castan, Bertrand Duperrin, Isabelle Brisset et Olivier Zara)

Par ailleurs, le Groupe ADEO a créé un blog pour permettre aux animateurs de communautés francophones de partager leurs idées et bonnes pratiques. Il s’agit donc d’un blog d’entreprise mais ouvert au public et donc aux autres entreprises : http://rencontres.optimadeo.com . Vous avez la possibilité de contribuer à la réflexion alors n’hésitez pas !

En complément de cette vidéo qui est longue mais très intéressante, voici 4 idées qui résument mes positions :

Idée 1 : Le Web 2.0 est relié au comportemental et non au financier

Idée 2 : L’art du management paradoxal

Idée 3 : Le Web 2.0 pour vendre et recruter, pour développer sa notoriété et gérer sa réputation

Idée 4 : Dissoudre un individu dans le collectif nuit gravement… au collectif !

Voici le détail de ces idées :

Idée 1 : Le Web 2.0 est relié au comportemental et non au financier

Le Web 2.0 est un ensemble d’outils qui constituent ensemble un levier formidable pour développer l’agilité et la performance globale d’une organisation. Le R.O.I. est fort mais il est quasiment impossible de le mesurer avec précision. Il est donc préférable de parler de bénéfices plutôt que de R.O.I.

En effet, le Web 2.0 sert de support aux comportements indispensables au management des savoirs et des intelligences. Le Web 2.0 est donc relié au comportemental : partager une bonne pratique est un comportement. Ce comportement augmente la performance de l’entreprise mais comment est-ce que cela se traduit dans les résultats financiers ? Mystère !

Mettre en place un indicateur pour dire qu’on a partagé 5 bonnes pratiques ce mois-ci est intéressant. Mais, on ne peut pas en déduire un ROI puisqu’on est incapable de définir avec certitude ce qu’est une « bonne » pratique et combien d’argent on va gagner ou économiser grâce à cette « bonne » pratique. Par ailleurs, ce qui est bon pour l’entité A peut-être mauvais pour l’entité B. On peut aussi créer un indicateur qui montre que les salariés ont publié 150 billets. Et alors ? On mesure du quantitatif, quid du qualitatif ? Ce type d’indicateurs est très pervers car il pousse à publier le maximum d’informations sans vrai souci de qualité ou de pertinence. Il y a des techniques pour mesurer le quanti et le quali qui nous renvoie à l’économie du savoir, mais ce n’est pas l’objet de ce billet !

Le Web 2.0 peut être comparé aux formations comportementales pour les managers, par exemple : savoir conduire un entretien de management, évaluer les résultats, fixer un objectif, recadrer un collaborateur, savoir animer une réunion, créer une dynamique d’équipe,… Ces formations existent depuis des années et, à ma connaissance, aucun responsable formation ne demande la mesure du ROI d’un manager qui manage mieux son équipe après une formation aux techniques de communication et management.

Aucune entreprise ne peut espérer un développement durable sans ces outils, mais très peu les utilisent dans la durée (au-delà de la première année, après l’euphorie de la mise en place). Dans 10 ans, plus personne ne posera la question de la pertinence de ces outils. Plus personne ne demandera un ROI. Mais pour l’instant, la question est récurrente et tant qu’on posera la question, on n’avancera pas.

La question du ROI est néanmoins intéressante. En général, c’est la préoccupation de ceux pour qui le Web 2.0 est un non sens culturel. Quand on vous pose la question, vous savez que la discussion est terminée.

Idée 2 : L’art du management paradoxal

Les éditeurs de solutions Web 2.0 pour les entreprises sont pris dans un paradoxe. Le Web 2.0 est un logiciel social qui se compose de 10% de logiciel et de 90% de social puisqu’il sert de support à des comportements.

La mission d’un éditeur de logiciel est de vendre du logiciel, de former les utilisateurs sur le logiciel et éventuellement d’accompagner l’organisation en faisant de la conduite du changement. Le plus souvent, cette conduite du changement consiste à expliquer l’utilité d’un logiciel et à vaincre les résistances : (1) changement de logiciel – logiciel A Vs logiciel B – ou (2) passage du face à face (rencontres) au virtuel (logiciel).

Mon expérience d’éditeur de solutions Web 2.0 m’a conduit à l’écriture d’un livre : « Le management de l’intelligence collective, vers une nouvelle gouvernance ». Dans ce livre, j’explique que le Web 2.0 bouleverse la culture féodale et hiérarchique des entreprises, nécessite de nouvelles compétences de management, une nouvelle organisation et un nouveau mode de fonctionnement.

En résumé, une transformation de l’organisation est nécessaire sur un mode « chaordic » (cf. http://en.wikipedia.org/wiki/Chaordic ). L’enjeu de ce nouveau mode d’organisation est de savoir faire co-exister en bonne intelligence une structure hiérarchique verticale qui cherche à « garder le contrôle » et une structure transverse informelle qui cherche à dynamiser les réseaux sociaux pour résoudre des problèmes et innover en mobilisant toutes les intelligences et tous les savoirs disponibles dans l’organisation. Il s’agit pour les managers de savoir manager dans le paradoxe de l’ordre et du chaos qui finalement sont ensemble une source d’équilibre et de développement durable quand on ne sacrifie pas le chaos sur l’autel de l’ordre et inversement !

Transformer une organisation, c’est la mission et le métier d’une société de conseil en management et non d’un éditeur de logiciel. Ayant pris conscience de cette situation, partant du constat du manque de maturité des entreprises, j’ai décidé il y a plusieurs années de mettre de côté mon activité d’éditeur et de développer mon activité de conseil.

Aujourd’hui, la plupart des solutions Web 2.0 mises en place dans les grandes entreprises sont dans une impasse ou en voie de l’être. Personne n’en parle, ni l’acheteur, ni le vendeur, parce que l’échec est sans conséquence. Le logiciel est mis en place et après quelques mois plus personne ne l’utilise à l’exception de quelques « déviants » (j’en fais partie !) que j’appelle des « ambassadeurs de l’intelligence collective » ou « créatif culturel ». Il faut espérer qu’un jour, leur rôle soit reconnu et valorisé. Mais, avec ou sans déviants, l’échec passe inaperçu parce qu’un logiciel que personne n’utilise, ça ne fait pas de bruit et ça ne dérange personne. L’organisation continue à fonctionner comme avant et tout le monde est content.

Pourquoi presque personne n’en parle ? Très simple ! La plupart des articles ou des études de cas sont publiés au moment de la mise en place du logiciel ou un peu après. On est encore dans l’euphorie de l’annonce d’une nouvelle entreprise acquise à la cause du Web 2.0. Tout le monde croit sûrement de bonne foi que l’outil va changer la culture, développer des compétences et faire évoluer l’organisation et le fonctionnement. De ce point de vue, le prix de la licence est une très bonne affaire. On serait presque prêt à payer un peu plus pour avoir les croissants au lit le dimanche matin…

Les articles qui vont dans le sens de ce que j’ai observé, il y en a peu mais en voici quand même un publié par Indexel le 27 mai 2009 :

http://www.indexel.net/management/reseaux-sociaux-d-entreprise-deux-experiences-a-mediter-2888.html

Dans cet article, Thales et l’APEC racontent les difficultés rencontrées avec les solutions BlueKiwi et Social Text. En fait, le nom de l’éditeur a peu d’importance et la qualité du logiciel non plus. Vous pouvez remplacer BlueKiwi par Microsoft ou IBM. Que le logiciel soit extraordinaire ou nul, le résultat sera le même.

Florent Lafarge de Thales explique qu’il est prêt à poursuivre l’expérience avec BlueKiwi mais affirme : “Il faudra faire davantage d’accompagnement au changement, expliquer l’objectif d’amélioration de l’efficacité collective et finalement, être plus contraignant“. Cette affirmation cache des défis énormes et, après en avoir discuté avec lui, Florent Lafarge a voulu expliquer le contenu de sa remarque sur les 3 points ci-dessous (je reprends les passages de la citation en italique) :

1. “accompagnement au changement” = changement de culture, changement dans les postures managériales, changement d’organisation, de fonctionnement,…

2. “expliquer l’objectif” =  faire prendre conscience aux gens qu’on est plus performant quand on adopte des comportements et pratiques qui vont dans le sens de la collaboration. Ce n’est pas toujours facile car cela peut paraître conceptuel et faire appréhender un changement dans les habitudes… C’est pourquoi l’objectif doit être illustré de façon très concrète et pragmatique, en partant des usages initiaux, pour démontrer qu’avec quelques bonnes pratiques partagées, on a beaucoup à gagner, tant sur le plan individuel que collectif, à collaborer.

Remarque : Je suis d’accord avec Florent sur ce point mais il faut être conscient qu’on explique un objectif à des personnes dont le bien être dépend uniquement du fait de ne pas comprendre l’objectif. Et oui, notre bien être dépend du fait qu’on ne change pas nos habitudes.

3. “être plus contraignant” =  c’est à dire être plus formel. Au départ, les règles doivent être très lisibles et bien comprises de tous. Il faut s’entendre collectivement sur des usages et pratiques professionnels devant nécessairement passer par la plate-forme collaborative ; par exemple, une règle toute simple consiste à passer par l’outil collaboratif dès lors qu’on souhaite envoyer un message à au moins 50 % des personnes membres de la communauté. A terme, ces usages et pratiques deviennent progressivement des réflexes.

Remarque : d’accord avec Florent mais qui dit règles, dit sanction quand elles ne sont pas respectées. La carotte et le bâton c’est utile mais ce n’est pas suffisant surtout quand on dissout l’individu dans le collectif (on en reparlera un peu plus loin dans ce billet.

Etant donné que les éditeurs de logiciels ne sont pas des consultants en management / stratégie (ils n’ont pas les compétences et ce n’est pas leur cœur de métier), étant donné que leur survie dépend du nombre de licences vendues aujourd’hui (et non pas dans 5 ans quand les entreprises seront culturellement prêtes), l’impact social et organisationnel du Web 2.0 sera presque toujours minimisé dans leur démarche commerciale. Et en conséquence, leurs logiciels seront peu ou pas utilisés.

Quand on me pose la question de la pertinence du Web 2.0 dans une organisation, voici donc ma réponse : quand vous saurez manager efficacement toutes les intelligences et les savoirs de votre organisation en face à face, il sera temps de vous poser la question d’un logiciel qui viennent en support du face à face.

Bien sûr, il y a aussi des VRAIS succès et des articles de presse qui en parle. De plus en plus d’entreprises (petites ou grandes) sont prêtes pour le Web 2.0 et elles fonctionnent très efficacement avec ce type de logiciel mais ce n’est pas grâce au logiciel lui-même. Toutes les conditions du succès (culture, compétences, organisation, fonctionnement) étaient réunies avant même l’implémentation de l’outil. Il est donc indispensable de comprendre les pré-requis pour réussir. Par ailleurs, toutes les entreprises sont différentes dans leurs cultures, compétences et organisation. Prendre l’exemple de l’entreprise A qui réussit n’induit pas automatiquement que l’entreprise B va aussi réussir.

Idée 3 : Le Web 2.0 pour vendre et recruter, pour développer sa notoriété et gérer sa réputation

Si le Web 2.0 pose de nombreux problèmes à l’interne (freins), il peut très rapidement être mise en œuvre à l’externe. On peut utiliser le Web 2.0 pour recruter, vendre, développer sa notoriété ou gérer sa réputation dans les réseaux sociaux par exemple. On peut aussi l’utiliser pour co-construire son offre ou ses produits avec ses clients comme avec Feed-back 2.0 par exemple.

De nombreuses entreprises ont déjà ouvert des blogs pour montrer leur expertise métier et/ou donner envie à des candidats de venir les rejoindre. Le Groupe SQLI a plusieurs blogs dont http://www.tendances.it qui m’avait éclairé lorsque j’étais à la recherche de définitions sur l’identité numérique. Comme je le disais en ouverture de ce billet, le Groupe ADEO a ouvert un blog pour créer une communauté autour d’un problème opérationnel (cf. http://rencontres.optimadeo.com sur le thème de l’animation de communautés). On est dans une logique d’intelligence collective étendue. Des dirigeants ont également leur propre blog comme Michel-Edouard Leclerc ou celui de Bertrand Barthélemy (CEO de Capgemini France). Ils font rayonner la marque de leur entreprise à travers leur marque personnelle.

Linkedin, Facebook ou Viadeo permettent de créer des groupes thématiques sur lesquels on peut animer des communautés, faire connaître ses produits ou services, inviter ses clients ou prospects à des rencontres, organiser des évènements,…

Allez-y ! C’est sans danger si vous le faites dans la durée et avec professionnalisme car l’animation de communautés virtuelles et la communication sur Internet ne s’improvise pas.

Idée 4 : Dissoudre un individu dans le collectif nuit gravement… au collectif !

Notre société et nos organisations sont marquées par un excès d’individualisme que tout le monde ressent et que certains dénoncent. Mais, la majorité s’en accommode. Pourtant, cet individualisme est toxique. Il pousse en particulier à l’irresponsabilité et à la défense permanente de son intérêt personnel sans préoccupation particulière pour l’intérêt général.

L’antidote à l’individualisme se trouve certainement dans le collectif. Logique non ? Mon livre sur le management de l’intelligence collective est d’ailleurs une pierre à la construction d’un monde un peu moins individualiste. Mais, je réalise aujourd’hui que si le collectif est très important, il est encore plus important de ne pas dissoudre l’individu dans le collectif.

Or, quand on regarde les systèmes de gestion du capital immatériel (KM, intelligence collective, réseaux sociaux, communautés,…), cela fonctionne souvent sur le principe de la carotte et du bâton. Exemple : tu publies un document dans la base documentaire, on te donne une carotte. Tu ne publies rien, tu reçois un coup de bâton. Le contrôle, la récompense ou la sanction, ce n’est pas mauvais en soi. C’est même nécessaire mais c’est insuffisant.

Nous sommes tous uniques. Nous avons notre singularité. Nous cherchons la reconnaissance de nos mérites (cf. pyramide de Maslow) et nous ne sommes donc pas prêts à être dissous dans un collectif. L’individu doit exister dans le collectif et sa contribution doit être reconnue nominativement (rattachée à lui). Mais ce n’est pas le collectif qui peut faire ce travail. Chacun des membres du collectif doit se prendre en charge et devenir autonome pour faire reconnaître sa contribution. Cela nous amène à différentes techniques dont le Personal Branding. Il s’agit d’une nouvelle méthode que je décris dans mon dernier livre : Réussir sa carrière grâce au Personal Branding (Eyrolles, mars 2009).

Du point de vue de l’entreprise 2.0, cette méthode permet à un individu de faire rayonner sa marque personnelle (ses talents, son expertise, ses réalisations, ses réussites,…) au sein de son organisation (dans les réseaux sociaux, les communautés, les équipes, les projets) et aussi bien sûr à l’extérieur de l’organisation s’il le souhaite. Faire rayonner son expertise, ce n’est pas se vanter ou devenir prétentieux. Le but du Personal Branding est d’offrir au collectif une visibilité sur les talents de chacun de ses membres pour innover et résoudre des problèmes. D’une certaine manière, on apporte une réponse au problème récurrent de la localisation des experts et des expertises, problème auquel les LDAP, annuaires ou systèmes d’analyse automatique des communications n’apportent pas de réponses satisfaisantes.

Le Personal Branding ainsi que d’autres techniques similaires permettent de rééquilibrer le système. L’individualisme est toxique tout comme le collectivisme. Il s’agit de trouver un nouvel équilibre, un jeu gagnant pour l’individu et gagnant pour le collectif. L’individu contribue au collectif et sert l’intérêt général parce que c’est aussi dans son intérêt personnel. Il le fait parce que sa contribution au collectif est reconnue nominativement. Il le fait pour faire rayonner sa marque et en tirer un bénéfice comme une promotion, des bonus, l’intégration d’un nouveau projet, d’une équipe, etc. Mais, tout ce qu’il fait pour lui sert le collectif par rétroaction.

Pour aller plus loin sur cette 4ème idée, je vous invite à lire le billet publié sur mon autre blog :  Le Personal Branding au service de l’entreprise 2.0

Que pensez-vous de ces 4 idées ?

Idée 1 : Le Web 2.0 est relié au comportemental et non au financier

Idée 2 : L’art du management paradoxal

Idée 3 : Le Web 2.0 pour vendre et recruter, pour développer sa notoriété et gérer sa réputation

Idée 4 : Dissoudre un individu dans le collectif nuit gravement… au collectif !

D’accord ? Pas d’accord ?

Que pensez-vous des échanges durant la rencontre organisée par le Groupe ADEO (cf. http://videos.prodcasttv.tv/adeo) ? C’est le moment de réagir !

TechTocTv (http://www.techtoctv.com) est une nouvelle WebTV qui a la particularité d’être participative et destinée à un public passionné par les technologies. J’aime beaucoup le nom du service et en particulier le mot “Toc” entre tech et tv qui veut dire “troubles obsessionnels compulsifs”. Tout un programme ! Une fois qu’on a compris l’acronyme, ça crée tout de suite une ambiance à part entre sérieux et décontraction. Mais le plus important, c’est le contenu déjà mis en ligne dont une partie tourne autour de l’entreprise 2.0, des intranets 2.0 avec des intervenants toujours pertinents et une excellente animation du plateau par Frédéric Bascunaña qui contribue largement par ses relances et son dynamisme à la qualité du contenu. Bref, on ne s’ennuie pas !

Quelques idées clés sur cette WebTV (extrait du site) :

Qu’est-ce que TechTocTV ?

TechTocTV est la première web-TV orientée B2B véritablement “collaborative”. C’est un site co-administré par une communauté d’experts qui abordent sous forme de talkshows en plateau TV, d’interviews, de reportages et de webinars l’écosystème des technologies et médias online.

TechTocTv est un media social en même temps qu’une web-TV. Y sont liés par les fonctionnalités d’une même plateforme des “contributeurs“, dont l’expertise est à la source de la ligne éditoriale de chaque vidéo, et des “abonnés” : ce sont les visiteurs du site qui pour en visionner gratuitement le contenu ont créé un profil personnel sur Techtoctv.

Quelles différences entre contributeurs et abonnés ?

Les contributeurs sont les membres qui animent le site du fait de leur support à la préparation et à la réalisation des sujets qui y sont traités en vidéo. Le plus souvent, ce sont des intervenants qui apparaissent sur les plateaux TV, talkshows, interviews.
Ils ont pour privilège de pouvoir lancer des sujets de tournage (visibles dans le menu « tournages prévus » ), et d’inviter d’autres contributeurs à animer ces tournages. Ils « créent » toutes les vidéos sur un mode véritablement « collaboratif », et les forums de discussion sur le site sont la mémoire de ces échanges.

Les abonnés quant à eux accèdent à la totalité du site sous la condition de s’y être créé un compte et ce et bien sûr, gratuitement. Ils peuvent participer à toutes les discussions autour des thématiques de réflexion, des sujets de plateaux TV en préparation et de tous types de tournages prévus. Ils ont donc aussi la faculté d’influencer la ligne éditoriale et leurs avis sont consultables et visibles en ligne.
Leur seule restriction est qu’ils ne peuvent pas initier de projet de tournage. Pour cela, il faudra qu’ils deviennent « contributeurs » à leur tour. Leur seule motivation en la matière peut leur permettre d’être rapidement cooptés par le reste de la communauté.

Un plateau sur le Personal Branding avec votre serviteur !

Ce n’est pas pour cela que je fais ce billet mais Frédéric m’a invité sur un de ses plateaux sur le thème du Personal Branding. Voici la première partie de ce plateau :

Mon amie Carine Dartiguepeyrou préside le Comité scientifique du cercle de Prospective RH. Elle est coauteur du livre Le DRH du 3ème millénaire (Edgard Added, Carine Dartiguepeyrou, Wilfrid Raffard, Michel Saloff Coste, Le DRH du 3ème millénaire, Editions Village Mondial, 2ème édition 2009) et directeur chez Kea&Partners.

Je reproduis avec son accord l’intégralité d’un de ses articles publié dans la Revue RH&M d’avril 2009 :« Mieux vivre ensemble » ou comment transformer positivement la culture d’entreprise

Voici l’article :

Aujourd’hui l’enjeu n’est plus de convaincre les entreprises de l’importance de la diversité mais de les aider à comprendre comment manager dans la diversité et la valoriser. Ce problème dépasse bien largement l’univers de l’entreprise comme nous allons le voir. Il implique de développer un nouveau regard sur les principes essentiels du management.

L’entreprise du 21ème siècle ou du 3ème millénaire, est celle qui reconnaît l’importance des valeurs. Elle base son développement et sa cohérence managériale sur celles-ci. En anglais, nous dirions que l’entreprise est à la fois « value based » et « value driven ». Les entreprises ont généralement conscience de l’importance de leurs valeurs, les cultivent pour valoriser leur marque ou animer leurs équipes, mais rares sont celles qui exploitent leurs valeurs jusque dans le développement de nouvelles offres ou modèles économiques.

Par valeurs, nous n’entendons non pas uniquement la valeur financière mais faisons référence aux systèmes de valeurs de l’entreprise développés dans la lignée de Abraham Maslow (1908-1970) ou de Clare W.Graves (1914-1986). Aujourd’hui plusieurs outils, parmi lesquels ceux de Brian Hall, Richard Barrett, Kenton Hyatt et Cheryl De Ciantis ont été développés pour identifier, analyser, mesurer les systèmes de valeurs des dirigeants et des employés à titre individuel comme collectif.

L’usage du travail sur les valeurs ne se limite pas à la définition de l’identité de l’entreprise ou de la marque. L’enjeu se situe dorénavant dans la capacité de l’entreprise à construire sur ces mêmes systèmes de valeurs afin de nourrir une dynamique collective, une internationalisation, un recentrage ou une extension sur ses éléments stratégiques différenciateurs (ce que nous appelons « stratégie créative » – Michel Saloff Coste, Carine Dartiguepeyrou, série de 2 articles pour la Revue Kea&Partners).

Une nouvelle expression du leadership

Lorsque l’on travaille sur les systèmes de valeur des dirigeants d’avant garde, on remarque que tous ont passé le cap du changement de paradigme. Ils sont marqués par une forte connaissance d’eux-mêmes et pratiquent souvent des activités artistiques, sportives ou culturelles. Leur souhait est de donner plus d’autonomie à leurs collaborateurs, de favoriser un environnement qui puisse libérer plus d’énergie positive, de prise de risques, d’initiatives en faveur de la transformation de l’entreprise. Ils ont une forte conscience de la nécessité de respecter la différence chez leurs collaborateurs et se posent la question de comment intégrer ces différents talents. On remarque également un fort détachement par rapport à leur réussite personnelle car ils ont fait leurs preuves. Ils regrettent en général les résistances autour d’eux, le manque d’interdépendance et de collaboration au sein de l’entreprise. En cherchant à comprendre ces résistances qui souvent aboutissent à un laisser-aller et à un manque de motivation, on se rend compte que ce type de résistance prend sa source dans la superposition des différents systèmes de valeurs. Cette multiplicité des systèmes de valeurs dans une équipe ou une entreprise augmente le nombre des façons de voir et des représentations que l’on se fait des situations.

C’est bien selon nous cette complexité qui va alimenter les enjeux de gouvernance de l’entreprise du 21ème siècle. Gérer cette complexité, c’est de fait arriver à gérer la biodiversité humaine dans son environnement, l’écosystème de l’entreprise, articuler les différents systèmes de valeur, adapter les modes de management et communiquer dans la diversité. Nous devons revenir à des rythmes et à des organisations plus écologiques du point de vue psychologique, redonner de la place à l’écologie de l’être et en cela reconnaître les avantages du leadership intégral (rationnel, émotionnel, sens).

Les communautés créatives

Notre expérience dans la mise en oeuvre de « stratégies créatives », que cela soit dans les phases d’inspiration (vision/imagination/prospective), d’aspiration (création/développement/innovation) ou de matérialisation (produits/offres/business modèles), montre que si bien souvent le dirigeant impulse le changement, la refonte, le travail au niveau du Comex, la réelle matérialisation d’un changement de cap ne peut advenir sans la contribution des membres les plus créatifs de l’organisation. Pour cela, il convient de mettre en place des processus qui permettent de repérer et de faire contribuer ces personnes. Nous souhaitons insister sur le fait que ces processus ne relèvent pas uniquement des processus d’innovation mais bien d’une démarche de gouvernance d’entreprise multi-niveaux, multimétiers, totalement décloisonnante. Bien que l’homme soit animé par ses propres talents et qu’il ait la capacité à se mouvoir au niveau formel, nous constatons que vivre ses émotions sans débordements et dégager du sens n’est pas donné à tous. D’où l’enjeu de repérer et valoriser ces talents rares. Très souvent l’entreprise néglige ces communautés créatives car elle ne sait pas quoi en faire. Sans projet, sans volonté de transformer et d’intégrer ces acteurs du changement, ces talents sont perçus comme nécessitant trop d’efforts et de travail pour les collaborateurs traditionnels. Le déploiement de stratégies créatives permet à ces personnes de porter haut la matérialisation de nouveaux business modèles et de solutions innovantes.

Une éthique de l’altérité

Même lorsqu’il s’agit de dirigeants d’avant-garde, le plus difficile dans les situations de changement est de toucher l’ensemble du corps social. Le management intermédiaire représente un maillon essentiel souvent porteur de résistances profondes et de frustrations. Notre conviction est que les managers seront amenés à répondre à des exigences bien supérieures et à rendre des comptes dans les domaines du psychologique et des relations humaines. Même en temps de crise, les entreprises ne pourront plus faire l’économie des relations sociales et du dialogue.

Ces propos peuvent paraître catégoriques mais les désastres psychologiques qui s’accumulent aujourd’hui notamment dans les grandes organisations sont le résultat de comportements humains et la plupart du temps de mensonges accumulés. Bientôt il ne sera plus possible de faire comme si de rien n’était et de passer outre les abus, les mensonges ou les non-dits. Les entreprises devront avoir au quotidien l’exigence de l’authenticité et de la vérité, c’est-à-dire exiger de leurs collaborateurs une « éthique de l’altérité » dans le respect de l’autre (Michel Saloff Coste et Carine Dartiguepeyrou, Les horizons du futur, Guy Trédaniel, 2001). Comme le souligne Olivier Zara (Le management de l’intelligence collective, M21 Editions, 2008), l’enjeu n’est pas seulement de pratiquer plus de collégialité mais de créer plus d’intelligence collective. C’est pourquoi l’intelligence collective passe selon nous par une reconnaissance des singularités individuelles, des talents de chacun, de l’importance de l’unité dans la diversité. Pour l’entreprise, cela signifie reconnaître la nécessité de se différencier, de miser sur ses actifs immatériels et son capital humain, d’affiner la compréhension de son identité et des éléments qui la singularisent, de cultiver en son sein les conditions qui permettent l’émergence de sa créativité, de son innovation ainsi que de mener sa transformation. L’enjeu est bien de contribuer positivement à sa culture d’entreprise.

L’enjeu du « mieux vivre ensemble »

Les travaux menés dans le cadre du dirigeant du 3ème millénaire (Michel Saloff Coste, Carine Dartiguepeyrou, Wilfrid Raffard, Le dirigeant du 3ème millénaire, Editions d’Organisation, 2006) nous ont montré que l’enjeu actuel et à venir de gouvernance au sein des entreprises est bien le passage de l’individuel au collectif. Les années 80 ont consacré l’avènement de l’individualisme avec comme point positif un travail des dirigeants sur leur individuation (développement personnel, coaching, etc.). Cette problématique de passage de l’individuel au collectif dépasse l’univers des entreprises et concerne toute la société (ONGs, réseaux, Etats). En résumé, l’enjeu est de dépasser les clivages marxistes-libéraux du 19ème et 20ème siècles, afin de dégager de nouveaux mythes, de nouvelles idéologies, de nouveaux paradigmes. Les exercices de prospective font ressortir la nécessité de parvenir à une nouvelle économie politique qui repose sur une nouvelle expression de solidarité et approche du “nous” et du collectif. A ce titre, la transformation culturelle par les valeurs en entreprise peut elle aussi contribuer à un “mieux vivre ensemble”.

Je vous annonce la sortie de mon 3ème livre : Réussir sa carrière grâce au Personal Branding.

Pour en savoir plus :

http://www.reputation.axiopole.info/2009/03/05/reussir-sa-carriere-grace-au-personal-branding/

De nombreuses personnes qui me connaissent à travers l’intelligence collective et le Web 2.0 me demandent : “Mais qu’est-ce que tu viens faire dans le domaine du Personal Branding ?”

Est-ce que j’abandonne mes recherches sur l’intelligence collective ? NON !!! Pour répondre à la question posée dans le premier chapitre de mon livre, je dirais que ma mission sur terre est : connecteur et explorateur. J’aime explorer tous les domaines qui permettent de connecter les gens à travers leurs intelligences et leurs savoirs. Quand on ne mobilise pas l’intelligence collective, on laisse le champ libre à l’intelligence reptilienne qui active la peur, la conquête du pouvoir et des territoires. Cette intelligence a été très utile à notre survie dans un milieu hostile mais, aujourd’hui, elle favorise les guerres entre pays ou entre les bureaux d’une même entreprise. Ce n’est pas cette voie qui nous conduira au développement durable ou à la performance individuelle ou collective. Ce n’est pas l’intelligence reptilienne qui nous aidera à sortir rapidement de toutes les crises que nous subissons aujourd’hui : crises financière, économique, climatique, alimentaire et sociale.

Le Personal Branding m’a séduit dans sa dimension développement personnel et développement de son réseau social à travers ses références et ses contacts. Le Personal Branding permet donc de faire un travail au niveau individuel qui est bénéfique pour le collectif !

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