Sogeti organise un brainstorming mondial

Sogeti est une société spécialisée dans les services informatiques, membre du groupe Capgemini. Entre le 15 et le 17 avril 2008, Sogeti a organisé un brainstorming interne à l’échelle mondiale. C’est un bel exemple d’innovation ascendante ! L’objectif était de recueillir les idées les plus novatrices pour faire évoluer le groupe.

18 000 collaborateurs, à travers 14 pays, ont participé à ce brainstorming et devaient répondre à la question suivante : “Comment voyez-vous Sogeti dans 12 à 24 mois ?”. 4 200 personnes se sont connectées, 2 000 idées produites avec 3 500 commentaires et 12 000 votes (système d’évaluation des idées par étoiles).

Pour en savoir plus, lire un article de Focus RH

Le web 2.0 pour les nuls !

Voici plusieurs vidéos en anglais qui présente d’une manière très simple et très pédagogique différents outils du web 2.0 :

Blog :
http://www.youtube.com/watch?v=NN2I1pWXjXI

Wiki :
http://www.youtube.com/watch?v=-dnL00TdmLY

RSS :
http://www.youtube.com/watch?v=0klgLsSxGsU

Réseaux sociaux :
http://www.youtube.com/watch?v=6a_KF7TYKVc

Ces vidéos sont pertinentes pour les profanes. Si vous connaissez l’équivalent en français, merci de le signaler.

De l’écriture collective à l’écriture collaborative, une grande aventure !

Olivier Amprimo est consultant chez Headshift. Il a participé au projet d’écriture collaborative du livre “We Are Smarter Than Me”. Je lui ai posé quelques questions puisqu’il a vécu le projet de l’intérieur.

Mais avant tout, il me semble utile de resituer le contexte de cette interview en reprenant des extraits de mon dernier billet au sujet de ce livre :

« Sur le site du livre : http://www.wearesmarter.org, les porteurs du projet ont mis à disposition différents outils de travail collaboratif (forums de discussion, blogs, wikis, …) pour permettre à une communauté de rédacteurs de participer à l’écriture du livre. […]

Les auteurs s’attendaient à ce que le plus gros des contributions viennent du “wiki book”, mais en fait, ce sont les forums de discussion, podcasts, billets de blogs et commentaires oraux (face à face) qui ont été les sources principales du contenu du livre. […]

L’utilisation d’un wiki a posé beaucoup de problèmes en particulier sur la façon de construire, alimenter et éditer le contenu. Je ne suis pas étonné car un wiki est avant tout un outil d’écriture collective et non un outil d’écriture collaborative. Ce n’est pas parce qu’un outil rassemble un collectif autour d’un contenu qu’il va mécaniquement créer et organiser les coopérations intellectuelles.
Ce point explique pourquoi le plus gros du contenu du livre a finalement émergé des forums de discussion et de la blogosphère. Les forums de discussion sont par essence plus efficaces pour créer de l’intelligence collective que les wikis. Cependant, un outil, quel qu’il soit, n’est pas performant s’il n’y a pas des personnes qui animent la communauté des participants. Le succès de wikipédia est plus lié à la communauté des contributeurs et animateurs qu’à l’outil lui-même. Une approche trop technicienne dans ce type de projet conduit souvent (toujours ?) à l’échec.”

Voici maintenant le retour d’expérience d’Olivier Amprimo :

Quel est le contexte de ta participation ? Pourquoi participer à ce projet ?

Je m’intéresse à l’impact que possède la connaissance sur les processus de production et d’organisation depuis 1997. J’ai suivi l’émergence des outils et usages participatifs sur le Web à partir de 2004 car je devinais l’impact que cela pourrait avoir sur le monde professionnel. A l’époque, le Web 2.0 n’était pas le “phénomène” médiatique que l’on connaît aujourd’hui. Il était beaucoup plus simple de suivre ce qui se passait car il y avait moins de contenus et moins d’initiatives. Je suivais l’actualité de la cote Ouest pour les applications et la cote Est pour les idées. Traditionnellement et de manière un peu caricaturale, c’est un peu la répartition des taches entre San Francisco et Boston 🙂 L’initiative était visible et les thématiques abordées et abordables dans ce projet se rapprochaient de mes centres d’intérêt. J’ai tenté l’expérience pour mettre les mains dans le cambouis et en apprendre plus ainsi.

Que peux-tu dire de l’animation par les porteurs du projet ? Y avait-il une animation ? Performant ? Inexistant ?

Barry Libert, qui est à l’origine du projet, est une personne vraiment remarquable. Il possède des idées innovantes et les pousse. Une partie des équipes de Shared Insight, son entreprise, a été positionnée sur la gestion de ce projet. La plateforme utilisée a aussi été fournie par Shared Insight. Ce qui semble avoir manqué, c’est l’engagement concret des autres partenaires. Le MIT et Wharton ont posé leur logo, mais n’ont pas fait grand chose. La vieille condescendance platonicienne était en action : Andrew Keen l’écrit, les autres l’applique ! Cela n’a pas aidé à favoriser l’émergence d’un contenu de qualité. Face à cette situation, la réponse s’est faite en réintroduisant du management de deux manières :

– La nomination de modérateurs de chapitres et d’un nègre. Elle s’est faite sur une base volontaire mais en se focalisant sur les membres les plus actifs. Les modérateurs ont canalisé les énergies en coordonnant les contributions et en donnant du sens au contenu. Le nègre a fait autorité in fine.

– Des points hebdomadaires étaient réalisés par webconférence à l’initiative de Shared Insight pour annoncer les avancées, recueillir les remarques et coordonner les initiatives.

Quels sont les outils que tu as utilisés ? Ton avis sur leur utilité, leur performance ?

La plateforme était celle conçue et commercialisée par Shared Insight et le système de webconference était du Webex. C’est une plateforme à base de wiki qui permet l’écriture collaborative dans un espace privatif. Il y a des systèmes d’historiques et de notifications pour suivre l’évolution des contenus. Ce qui manquait, c’était des profils riches pour savoir avec qui on collaborait : l’influence des forums était encore forte. Je pense que Shared Insight en a profité pour améliorer sa plateforme car ils ont sorti une nouvelle version assez rapidement ensuite.

Globalement, peux-tu nous donner les points forts et les points faibles sur la conduite de ce projet ?

Les points forts étaient une équipe et un outil dédiés. Les points faibles étaient le manque d’engagement de certains partenaires. On est dans la situation connue en entreprise. Si le senior management ne s’implique pas, les projets patinent et meurent. Côté technique, il est certain que des fonctionnalités aujourd’hui élémentaires sur les plateformes manquaient : profil riche et évolutif, réseau social, mots-clés et nuages de mots-clés principalement.

La principale erreur est, il me semble, une confusion entre contenu généré par les utilisateurs et intelligence collective. Wikipedia était dans toutes les têtes, mais c’est un très mauvais exemple pour ce type d’écriture collaborative. Je m’explique. Wikipedia est une collection d’articles (des monades), pas un ouvrage (tour de Babel). La régulation est différente : il s’auto-organise parce que la cohérence se joue au niveau d’un article (un paragraphe), pas un chapitre ou un livre. Une encyclopédie accepte l’hétérogénéité, un livre a besoin d’unité.

La conséquence est celle mentionnée plus haut : on est retourné à des procédures classiques – hiérarchiques – de gouvernance des collectifs.

A titre personnel, ce fut une belle expérience dans le sens où elle m’a aidé à comprendre ce que serait le Web 2.0 dans le monde professionnel. Elle m’a aidé à toucher du doigt les adaptations nécessaires du Web 2.0 pour faire advenir l’entreprise 2.0.

Pour sortir de la Conférence “Le Web 3.0”, il semble que les stars du Web n’aient pas encore bien saisi ces faits. Le travail qui consiste à étudier ce qui se fait sur le Web et à en faire la traduction pour le monde professionnel n’est pas près de s’arrêter et sera fait par une autre population que celle qui “fait” le Web.

Serais-tu prêt à rembarquer dans un projet comme celui-là ? Si oui, à quelles conditions ?

Pourquoi pas, mais mon enjeu personnel n’est pas / plus là. Le Web bouge autour de nouvelles problématiques. Celle du flux (Stowe Boyd) en particulier. Le problème n’est plus de stocker des données ; depuis quarante ans que l’on s’intéresse à la question, on sait faire. Le problème est celui des accès. Comment accéder de manière pertinente et rapide à l’information ? C’est un problème qui chamboule le métier de DSI mais aussi touche la productivité personnelle et la compétitivité d’entreprise. Des solutions et outils existent aujourd’hui sur le Web, mais il est sûr qu’ils ne rentreront pas en l’état dans l’entreprise.

Par ailleurs, au-delà de l’adaptation des outils et des logiques sociales que charrient les outils sociaux, il y a un travail massif de vulgarisation et de création de dispositifs en relation avec les processus d’entreprise. Les employés sont très peu informés (y compris ceux de ladite génération Y), les technologies sont génériques et ont besoin de contextualisation. La traduction du Web à l’entreprise est dans ce contexte difficile. C’est là où mon attention se porte aujourd’hui.

Merci Olivier pour tes réponses et bravo pour ta participation à l’écriture de ce livre. J’en retiens principalement que le passage de l’écriture collective à l’écriture collaborative n’est pas simple. De même qu’une réunion est toujours collective, elle n’est pas forcément toujours collaborative. La collaboration induit l’idée d’une co-construction intellectuelle à travers le partage de connaissances et d’idées. Mettre 10 personnes dans une salle de réunion permet de créer un collectif mais ce n’est pas suffisant pour créer les conditions  du collaboratif, c’est-à-dire d’une co-construction. Malheureusement, le mot “collaboratif” est utilisé pour décrire des processus d’information et de communication (simple échange d’information). Cette confusion n’aidera pas au développement du management de l’intelligence collective.

N’hésitez pas à me contacter si vous souhaitez vous aussi témoigner sur vos expériences collaboratives !

Le web 2.0 est dangereux…

Le web 2.0 est dangereux… pour ceux qui ne l’utilisent pas ! C’est ce que nous explique Charlotte dans la présentation ci-dessous :

Source : http://www.slideshare.net/TheShed/meet-charlotte/1

Mise à jour du 20 novembre 2007

Quelques lecteurs m’ont écrit pour me dire qu’ils étaient d’accord avec moi : “Vous avez raison, le Web 2.0 est dangereux”. Voilà ce qui arrive quand on veut faire de l’humour sur un sujet sensible… Je mets donc en gras la fin de ma première phrase : Le web 2.0 est dangereux… pour ceux qui ne l’utilisent pas ! Désolé pour ceux qui lisent trop vite, je ne pense pas que le web 2.0 est dangereux.

Pas de rayon technophobe 2.0 sur ce blog 😉

We Are Smarter Than Me

J’annonçais dans un précédent billet la création d’un centre de recherche sur l’intelligence collective au MIT en octobre 2006. Dans le cadre de ce lancement, il était question d’un projet de livre : “We Are Smarter Than Me”.

Sur le site du livre : http://www.wearesmarter.org/, les porteurs du projet ont mis à disposition différents outils de travail collaboratif (forums de discussion, blogs, wikis, …) pour permettre à une communauté de rédacteurs de participer à l’écriture du livre. Ce livre est maintenant sur le point d’être publié par 2 co-auteurs : Barry Libert, CEO de Shared Insights et Jon Spector, ancien vice doyen de Wharton, l’université de Pennsylvanie, et actuel CEO de “Conference Board”. L’éditeur du livre est Wharton School Publishing. Vous pouvez le commander sur Amazon (il sera disponible le 24 septembre 2007).

D’après les auteurs, ce livre permet de découvrir comment utiliser les réseaux sociaux et les communautés dans votre entreprise pour mieux piloter vos processus de décision et obtenir une plus grande performance dans vos activités. We Are Smarter Than Me a été réalisé en collaboration avec l’université de Wharton, le MIT et des milliers de contributeurs au niveau international.

Ce livre propose des concepts et des études de cas dans le domaine du développement des produits, de la production, du marketing, du service client, de la finance et du management ainsi que des règles pour construire efficacement une communauté.

Dans une interview donné par les 2 co-auteurs (que j’appelerai des managers de l’intelligence collective !), j’ai retenu quelques points intéressants :

1. Le bilan quantitatif de ce projet d’écriture collective et collaborative

* 4375 membres inscrits ont publié 737 contributions sur les forums de discussion
* 250 contributeurs ont publié 1600 contributions sur le wiki du livre
* En plus de la communauté des contributeurs, le projet a été influencé par des centaines de blogueurs, podcasters, et par les participants de la conférence inaugurale “Community 2.0” à Las Vegas.

2. L’impact des différents outils mis à disposition

Les auteurs s’attendaient à ce que le plus gros des contributions viennent du “wiki book”, mais en fait, ce sont les forums de discussion, podcasts, billets de blogs et commentaires oraux (face à face) qui ont été les sources principales du contenu du livre.

3. Le mode de publication du livre

Sauf erreur de ma part, le livre est publié en version papier pour un montant de 23 $ USD. Les droits d’auteur iront à des oeuvres caritatives. Sur ce point, je suis très déçu ! Je pense que ce livre aurait pu être mis à disposition gratuitement en version électronique (pdf) du fait de son mode d’écriture et de la contribution massive du collectif. Cela dit, je suis mal placé pour critiquer puisque mon livre a été écrit puis publié sur le même principe. A ma décharge, j’avais tenté d’obtenir ce mode de publication (papier payant, pdf gratuit) sans succès. Tous les éditeurs contactés ont refusé par peur que le pdf gratuit ne porte atteinte aux ventes papier. C’est à mon avis absurde, mais c’est un autre débat. Le seul auteur, qui à ma connaissance a réussi à convaincre un éditeur, est Pascal Baudry pour son livre “Français et Américains, l’autre rive” publié par Village Mondial.

4. Les difficultés rencontrées

L’utilisation d’un wiki a posé beaucoup de problèmes en particulier sur la façon de construire, alimenter et éditer le contenu. Je ne suis pas étonné car un wiki est avant tout un outil d’écriture collective et non un outil d’écriture collaborative. Ce n’est pas parce qu’un outil rassemble un collectif autour d’un contenu qu’il va mécaniquement créer et organiser les coopérations intellectuelles.

Ce point explique pourquoi le plus gros du contenu du livre a finalement émergé des forums de discussion et de la blogosphère. Les forums de discussion sont par essence plus efficaces pour créer de l’intelligence collective que les wikis. Cependant, un outil, quel qu’il soit, n’est pas performant s’il n’y a pas des personnes qui animent la communauté des participants. Le succès de wikipédia est plus lié à la communauté des contributeurs et animateurs qu’à l’outil lui-même. Une approche trop technicienne dans ce type de projet conduit souvent (toujours ?) à l’échec.

Lire l’interview complète

Un 2ème livre est en préparation sur les mêmes principes, voir l’annonce ici

De son côté, Business Objects vient à son tour de démarrer un projet de livre sur le même principe. Le titre du livre est “La performance intelligente“. Une page est dédié à ce livre sur le blog de l’entreprise : http://insight.businessobjects.com/Our_Book

Leur objectif est l’écriture collaborative d’un livre sur le thème de l’intelligence. Les auteurs ont déjà créé une structure provisoire pour faciliter les contributions et il y a un chapitre que j’ai hâte de lire : “Chapter 3: Business Stupidity”

En conclusion, pour en avoir fait l’expérience, je suis sûr que l’intelligence collective permet de publier plus vite des livres de plus grande qualité. J’espère qu’il y aura bientôt d’autres projets de ce type.