Le Management Augmenté pour faire face à la complexité

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Dominique Turcq vient de publier un nouveau livre sur le concept de management augmenté comme réponse à la complexité. Je vous recommande la lecture de ce livre qui fait un inventaire exhaustif des enjeux actuels et futurs des organisations et du management. Continue reading “Le Management Augmenté pour faire face à la complexité”

Lost in management !

Je vous invite à participer à une conférence organisée par Boostzone autour du livre de François Dupuy : Lost in management

Cette conférence semble vraiment intéressante parce que ce n’est pas la première fois que j’entends dire de la bouche de salariés de grands groupes : “Nos dirigeants ne décident pas, ils n’ont pas de leadership, ce sont des gestionnaires du quotidien qui attendent de voir ce qui remontent de la base”. N’hésitez pas à partager votre vision sur ce point dans les commentaires de ce billet. Alors, je fais une hypothèse qui reste à valider : une entreprise trop centrée sur l’ordre 1.0 et qui n’organise pas assez le chaos 2.0 … pourrait finir par perdre l’ordre et le chaos ! Bon, un peu provocateur et simplificateur mais vous comprenez l’idée !
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Les annuaires intelligents au coeur de l’intelligence collective ?

Boostzone vient de lancer une enquête sur les annuaires intelligents à laquelle votre entreprise pourrait participer. Voici un article sur Collaboratif-Info qui explique le détail de cette enquête :

Pour Boostzone, qui dit collaboratif dit annuaire d’entreprise intelligent

Voici la problématique liée à ces annuaires :

« Qui dit collaboratif dit annuaire, explique Domminique Turcq. Or, aujourd’hui, très peu d’entreprises disposent d’un annuaire, et lorsqu’elles en ont un, celui-ci est un répertoire plus ou moins statique, au contenu limité constitué de manière top-down. L’avenir est au contraire à l’annuaire intelligent, centré sur le collaborateur. Un annuaire à la fois statique, alimenté par la DRH et le collaborateur, mais aussi dynamique, capable de bâtir l’écosystème relationnel du collaborateur jusqu’au-delà de l’entreprise. »

Comme Dominique, je suis  convaincu qu’un des moteurs de l’entreprise intelligente est… l’annuaire intelligent. Actuellement, les annuaires façon papier numérisé sont un frein majeur au collaboratif et une sorte de goulot d’étranglement.

Qu’en pensez-vous ?

Mise à jour du 18 septembre 2010

J’intègre dans le billet le commentaire de Dominique qui clarifie ce qu’est un annuaire intelligent :

“Les annuaires papier sont morts, évidemment. Les annuaires électroniques de base (transcription d’un annuaire papier en électronique) sont morts aussi, bien sûr.

Il suffit de regarder Facebook ou Linkedin, qui ne sont rien d’autre que des embryons d’annuaires intelligents, pour comprendre où on va aller avec les annuaires publics intelligents.

Dans le cas d’une entreprise et des annuaires d’entreprises — qui n’ont rien à voir avec les annuaires publics, on le verra — on va enfin bientôt voir apparaître de vrais annuaires intelligents qui vont peigner tout ce qui se passe autour d’un individu (comme sur un Facebook interne) et les communautés auxquelles il appartient (comme sur Linkedin) ainsi que celles auxquelles il appartient en dehors de l’entreprise et celles auxquelles il n’appartient pas mais où il ferait bien de regarder. L’annuaire intelligent suggérera aussi à un individu des personnes avec qui il devrait entrer en relation pour ses projets ou ses idées parce qu’elles ont des intérêts ou des passés communs avec lui, etc. Les possibilités sont infinies.

L’annuaire d’entreprise (regroupement de coordonnées) sera donc dynamique (il changera en permanence), intelligent  (il suggérera des connections avec des documents, des hommes et des communautés), automatique (il ira chercher les données tout seul) et ouvert (il ira chercher partout où on l’autorisera, dans toutes les bases de données externes et internes qu’il connaîtra).

Bon ce n’est pas exhaustif mais cela suffit à donner une idée j’espère.”

Merci Dominique pour cette précision, ça donne une bonne idée en effet !

Les réseaux sociaux et annuaires intelligents au secours du KM

Un article intéressant du 13 avril 2010 à lire sur Le Nouvel Économiste :

Fixer les connaissances individuelles dans l’intelligence collective de l’entreprise

http://www.lenouveleconomiste.fr/2010/04/13/memoire-vive/

C’est à la fois un historique sur tout ce qu’il ne faut pas faire et des pistes de réflexion pour construire l’avenir. Voici quelques extraits qui ont retenu mon attention :

– La communautarisation des connaissances

– On a d’abord cru à la possibilité d’archiver soigneusement dans les mémoires numériques les connaissances de chaque collaborateur. Avant de prendre conscience que le cap suivi n’était pas le bon. “On s’est rendu compte que la connaissance se trouve plus au rayon frais qu’au rayon des surgelés, résume plaisamment Carlos Diaz, président de Bluekiwi. L’important n’est pas forcément de ressortir des archives du passé ou de faire de l’analyse sur ce que l’on savait avant mais plutôt de mettre en connexion les gens entre eux, en fonction de leurs besoins immédiats, avec la possibilité d’utiliser de la connaissance mise à jour en temps réel.”

– “Favoriser les réseaux d’anciens est à l’ordre du jour, estime Dominique Turcq, pas forcément en se limitant aux retraités mais en élargissant à tous ceux qui ne sont plus dans l’entreprise, de manière à pouvoir encore aller chercher leur savoir une fois ceux-ci à l’extérieur.”

– Faire passer les connaissances individuelles dans l’intelligence collective de l’entreprise grâce à l’approche participative est une révolution qui peut faire peur. “On est en train de changer la façon même de travailler ensemble, commente Dominique Turcq, il y a aussi une prise de conscience que l’information et la connaissance sont partout, pas seulement auprès de ses collègues mais également à l’extérieur, dans toutes sortes de réseaux, y compris ceux des anciens de son école ou de son université.”

– Certains clients nous disent qu’ils ne sont pas prêts culturellement. Ce à quoi nous leur répondons que la culture n’est pas un préalable mais plutôt un objectif.

– L’exemple le plus couramment cité est celui de Cisco, aux Etats-Unis. “Le passage à l’entreprise collaborative s’est traduit par le départ de 25 % des cadres de l’entreprise, rappelle Jérôme Coignard, l’entreprise transversale remet en cause la hiérarchie des pouvoirs. Accepter que le nouveau talent puisse venir d’en bas n’est pas un changement facile”, ajoute-t-il, en mentionnant le cas d’un commis de cuisine qui a gagné la première place face à des cadres dans un jeu de simulation destiné à évaluer les qualités de management des participants. Dominique Turcq entre dans le détail : “Vu d’en haut, il y a une résistance spécifique, estime-t-il, c’est celle de la direction des systèmes d’information, d’abord pour des raisons de sécurité mais pas seulement. Les DSI avaient commencé à asseoir leur pouvoir grâce au stockage de données, on leur demande à présent de connecter les individus entre eux.”

– Au niveau des étages inférieurs, les freins viennent plutôt d’une réticence à participer. Les chiffres habituels concluent que 1 à 4 % des personnes s’expriment sur une plate-forme numérique collaborative, 9 % réagissent et 80 % observent prudemment. Peut-on s’en contenter ? “Oui”, répond Carlos Diaz reprenant l’exemple du modèle Wikipédia où “seule une toute petite fraction des utilisateurs participent mais cela intéresse quand même tout le monde.”

– Avec l’annuaire intelligent, on passe même au stade supérieur où chacun, finalement, est prié de s’évaluer lui-même en substituant à l’ancien listing classique dressé par la direction un outil rempli par les collaborateurs eux-mêmes, seuls juges des compétences qu’ils souhaitent mettre en avant.

Pour lire l’article complet :

http://www.lenouveleconomiste.fr/2010/04/13/memoire-vive/

Rypple : le 360° feed-back pour tous

Vous connaissez le 360° feed-back ? Il s’agit d’un processus d’évaluation des compétences piloté par l’entreprise à partir d’un référentiel de compétences défini par l’entreprise.  Cela peut servir pour détecter les hauts-potentiels ou pour évaluer les résultats sur le mode entretien annuel d’évaluation.

Rypple est un service proposant un système de feed-back auto-géré. Voici quelques textes extraits de leur site pour comprendre le système :

De quoi s’agit-il ?

Rypple is built on the belief that feedback leads to success. Some of  the best habits of successful people are built into Rypple. What are they? Frequent requests for honest, direct feedback; quick, regular 1-on-1 conversations; and real actions based on this feedback that leads to constant improvement…and success!

People use Rypple to ask for specific feedback on business and personal topics from the people they know (co-workers, clients, mentors, and friends).

Companies use Rypple to enhance their existing performance reviews and learn where their people can improve.

Comment ça fonctionne ?

The basic building block is a ‘Rypple’, a 200-character question that you want answered, and that Rypple sends to the people you specify (your ‘advisers’), who could be colleagues, clients, mentors and friends that you know.

Advisers receive an email containing your question, and can respond how and when they want. We made it easy for them to respond through features like Reply by Email.

Rypple is designed to keep responses anonymous, so your advisers feel safe providing honest, direct feedback (which can sometimes be difficult).

et en bonus une vidéo :

Les applications de ce service sont nombreuses : depuis le développement de sa performance professionnelle jusqu’au Personal Branding.

Quelques pistes de réflexion sur l’utilisation de Rypple pour un individu ou pour une entreprise :

– Sur le management de l’intelligence collective

L’évaluation d’une activité très intellectuelle (réflexion, partage de savoirs, création,…) est très difficile. Par exemple, sur quels critères évaluer ce que doit être le temps de rédaction d’un rapport XYZ ? Comment évaluer la qualité de ce rapport objectivement (sans que le contenu de l’évaluation varie trop fortement en fonction de la personnalité des évaluateurs) ? Face à ces questions, il semble que le système du 360° feed-back soit l’outil le plus adapté pour l’évaluation des activités à forte valeur ajoutée intellectuelle. Mais pour l’instant, on évalue de la même manière le traitement de 50 dossiers et la rédaction d’un rapport de 50 pages. Si compter jusqu’à 50 est à la portée de n’importe quel manager puisque c’est quantifiable, évaluer la qualité d’un rapport avec équité et objectivité est une tâche bien différente dans laquelle le collectif peut apporter une contribution intéressante.

Le 360° feed-back pose par ailleurs la question de l’évaluation de la contribution d’un collaborateur au collectif. On voit mal pourquoi un collaborateur contribuerait au collectif si on l’évalue uniquement sur ses objectifs individuels.

– Sur la gestion de sa marque personnelle (Personal Branding)

Ce mode d’évaluation joue un rôle important. Sur la partie  “Mieux vous connaître” de la démarche, il faut faire un travail d’introspection pour définir son identité professionnelle. Pour réussir cette partie, il est indispensable de solliciter le feed-back de son entourage social et professionnel. Il faut chercher de l’aide dans le collectif pour mesurer les différences entre notre perception de nous-mêmes et la perception des autres. Cette mesure est d’autant plus importante que la perception de la réalité par notre entourage est toujours plus forte que la réalité elle-même.

Sur la partie, ” Mieux vous faire connaître”, il est utile de recueillir du feed-back pour savoir si son profil, son blog et tous les éléments liées à sa marque personnelle sont ” on brand” ou “off brand”.

Est-ce que ce mode d’évaluation est humainement acceptable ?

Solliciter du feed-back est dangereux puisqu’on s’expose à un feed-back négatif et ce d’autant plus que Rypple permet l’anonymat. Quand une entreprise vous impose le 360° feed-back, vous jouez le jeu parce que vous ne voulez pas monter dans la prochaine charrette. Mais, si vous aviez le choix, est-ce que vous seriez l’initiateur d’une telle évaluation pour vous-même ? Est-ce qu’il n’est pas plus confortable de ne pas savoir ? de vivre dans l’illusion de la perfection ? de se protéger psychologiquement contre toute nouvelle agression extérieure (on doit déjà supporter celles qui ne sont pas sollicitées) ?

Rypple est promis à un grand avenir mais ce service n’est pas compatible avec toutes les personnalités. Il faut avoir un “self” fort, une grande confiance en soi, de l’ambition, l’envie de progresser pour devenir moteur de sa propre évaluation.

Sur la dimension marque personnelle, on pourrait aussi imaginer que ces feed-back servent à construire sa réputation professionnelle. Mais cela pose deux problèmes : (1) du fait de l’anonymat, on ne sait pas qui est l’auteur du feed-back. Or le poids d’un feed-back dépend de la réputation et du statut de la personne qui le donne ; (2) la réputation professionnelle se construit sur une logique de recommandation et non d’évaluation, il faudrait donc qu’on puisse publier uniquement les feed-back positifs.

Enfin, des dérives sont possibles. Les feed-back que je reçois sont ma propriété. Je les utilise pour progresser. Mais Rypple pourrait aller plus loin en permettant à l’entreprise d’utiliser ces feed-back comme un outil d’évaluation à 360°. Dans ce cas, il est fort probable que l’individu ne serait plus le moteur du système. On reviendra au top down, c’est-à-dire à un entretien annuel d’évaluation à la mode 360°. Rien de nouveau ! La force de Rypple aujourd’hui, c’est d’offrir un outil d’auto-évaluation pour ceux qui veulent progresser dans leur métier. Peut-il proposer le 2 en 1 sans perdre son âme ?

Merci à Dominique Turcq pour cette découverte et pour son “feed-back” constructif dans la phase de rédaction du billet . Dominique dirige le BOOSTZONE Institute – Un billet à suivre sur Boostzone.